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états-Unis

Peur sur la dette américaine

Moody’s menace de baisser la note obligataire. Ben Bernanke, le patron de la Fed, évoque la possibilité d’une «crise majeure». Pékin demande à Washington de prendre des mesures pour une «politique responsable»

L’impasse dans laquelle est plongé le débat sur le budget aux Etats-Unis suscite l’angoisse. Entamées il y a quatre jours, les négociations entre le président Barack Obama et l’opposition républicaine portent sur le plafond de la dette fédérale autorisé par la loi. Le maximum est déjà atteint, mais les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, refusent de voter un relèvement de ce seuil, un impératif d’ici à la date limite du 2 août. En tout cas pas tant que l’administration ne se sera pas attaquée à la réduction des déficits.

Signe de la fébrilité ambiante, la Maison-Blanche a écarté l’idée de déplacer à Camp David les négociations après qu’une source démocrate eut affirmé que cette possibilité était à l’étude. Dans ce contexte tendu, Ben Bernanke, chef de la Banque centrale américaine, n’a pas mâché ses mots. Un défaut de paiement créerait des «problèmes énormes» pour le pays et une «crise majeure» à l’échelle mondiale, a prévenu le patron de la Fed. Celui-ci a été entendu jeudi pour le deuxième jour de suite par les parlementaires. «Il faut à la fois un relèvement du plafond de la dette qui nous permettrait d’éviter un défaut», mais également «que nous prenions des mesures sérieuses pour changer la trajectoire intenable de notre situation budgétaire», a-t-il encore déclaré.

Une «politique responsable»

Pis encore, l’agence de notation Moody’s menace depuis mercredi soir d’abaisser son appréciation de la capacité du pays à rembourser ses emprunts. «La probabilité croissante selon laquelle la limite légale à la dette ne sera pas relevée dans les temps» est l’argument utilisé pour justifier cet avertissement, le premier du genre depuis 1995.

Dans la foulée, Pékin a appelé Washington à «prendre des mesures» pour rassurer les détenteurs des obligations américaines, au premier rang desquels figure la Chine. Et à adopter rapidement une «politique responsable». En écho à cette requête, l’agence de notation Dagong – qui a déjà mis par le passé à exécution les menaces agitées par son homologue Moody’s – a envoyé un nouveau signal d’alarme concret. L’agence chinoise «abaissera la notation de la dette des Etats-Unis s’il n’y a pas d’amélioration substantielle de leur capacité de remboursement».

«La faillite de l’Etat américain est le pire scénario qu’on puisse imaginer pour les marchés, à l’exception d’une guerre mondiale ou d’une collision avec une météorite», prévient Jan Poser, chef économiste de la Banque Sarasin. Selon ce dernier, une hausse des taux américains mettrait «les entreprises et les consommateurs sous pression et déclencherait une récession mondiale. Les banques internationales dont le financement dépend des obligations d’Etat feraient faillite en un clin d’œil».

C’est précisément en raison de son énormité qu’«un tel scénario n’adviendra pas», estime Jan Poser. Même si les partis américains utilisent cette menace jusqu’au bout de leur bras de fer, «le gouvernement, en cas de défaut de liquidités, ne devrait pas suspendre le service de la dette, mais se contenter de reporter les dépenses courantes». Une éventualité «concevable», selon l’économiste, qui rappelle les mesures déjà prises en 1995. Un différend sur le budget fédéral entre Bill Clinton et un Congrès républicain avait alors donné lieu à un «shut­down» du pouvoir: les employés non indispensables à la bonne marche de l’administration avaient été astreints à un congé sans solde durant trois mois.

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