De près comme ministre plusieurs fois, ou de loin comme sage et observateur impartial à la Cour des comptes, Philippe Séguin a dominé de sa large carrure la vie politique pendant plusieurs décennies.

Ce gaulliste convaincu, grand défenseur des valeurs républicaines et d’une certaine idée de la France, bon vivant au rire fort et qui n’avait pas la langue dans sa poche, était né en 1943 en Tunisie.

Elu député des Vosges en 1978, ce fut l’un des rares députés de droite à voter l’abolition de la peine de mort en 1981. Dans sa longue carrière politique on retiendra notamment son passage au ministère des Affaires sociales et de l’Emploi en 1986, pendant la Cohabitation, il fut aussi président de l’Assemblée nationale française de 1993 à 1997, enfin il présida le Rassemblement pour la République de 1997 à 1999.

Son engagement pour le Non au traité de Maastricht a beaucoup fait pour légitimer cette position en 1992 et le président de l’époque, le socialiste François Mitterrand, l’avait choisi comme contradicteur pour en débattre en direct à la télévision.

Cet ancien proche de Nicolas Sarkozy avait pris ses distances d’avec le RPR en 2002, lors de la transformation du parti en un mouvement qui se voulait plus ouvert et populaire, l’UMP. Il avait accédé au rang de Premier président de la Cour des comptes le 21 juillet 2004, et depuis les rapports de son institution qui contrôle les dépenses publiques avaient acquis une nouvelle visibilité, avec un ton aussi bien plus offensif.

Philippe Séguin qui aurait eu 67 ans en avril devait prochainement prendre sa retraite. Les causes de sa mort n’ont pas été confirmées officiellement, il serait décédé des suites d’une attaque cardiaque

Réactions

«C’est évidemment une nouvelle qui me bouleverse parce que Philippe Séguin était un ami très cher, un homme passionné aimant son pays» et «pour la France c’est une grande perte», a déclaré sur la radio RTL l’ancien ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, sénateur UMP, très proche de Philippe Séguin. «C’était un homme à caractère exceptionnel, il n’avait peur de personne, il résistait à tout.»