Des satellites pour la cartographie

Le jour même où le typhon Haiyan dévastait les Philippines, des satellites étaient déjà en train d’être reprogrammés pour fournir le plus rapidement possible aux secours la cartographie des zones sinistrées, dit à l’AFP Catherine Proy, représentante de l’agence spatiale française (CNES) au sein de la Charte internationale «Espace et catastrophes majeures».

Créée en 2000 à l’initiative du CNES et de l’agence spatiale européenne (ESA), la Charte regroupe à ce jour quinze membres qui s’engagent à mettre en commun leurs moyens d’observation spatiaux en cas de catastrophes naturelles ou d’origine humaine.

La Grande-Bretagne envoie un porte-hélicoptères

La Grande-Bretagne va envoyer le porte-hélicoptères HMS Illustrious aux Philippines pour participer à l’aide aux sinistrés du typhon Haiyan, a annoncé le Premier ministre David Cameron jeudi. Le montant total de l’aide britannique aux sinistrés du typhon, qui pourrait avoir tué plusieurs milliers de personnes, dépasse les 20 millions de livres, a-t-il ajouté.

Le porte-hélicoptère Illustrious est actuellement dans le Golfe où il transporte sept hélicoptères qui vont pouvoir renforcer l’effort international pour les Philippines, a précisé de son côté le secrétaire britannique au Développement, Justine Greening. L’Illustrious est le plus grand bâtiment de la marine britannique et peut transporter 22’000 tonnes de matériel.

■ Arrivée du porte-avions américain Georges Washington

Le porte-avions George Washington, avec ses 5’000 marins, et sept autres navires se sont positionnés au large des îles les plus touchées, apportant avec eux des équipements médicaux, du ravitaillement et une expertise attendus avec impatience par les innombrables survivants affamés du typhon, dont le bilan devrait se chiffrer en milliers de morts.

La flottille, qui dispose notamment de 21 hélicoptères, a déjà pu livrer plusieurs palettes d’eau et de nourriture à l’aéroport de Tacloban, une des villes les plus meurtries, où bientôt une semaine après le passage d’Haiyan, l’aide arrive toujours trop lentement.

■ Des centaines de cadavres à ramasser et à enterrer

Les opérations de collecte de cadavres, ralenties ces derniers jours par le manque de sacs mortuaires, continuent. A Tacloban, c’est désormais dans des immenses fosses communes que les cadavres sont placés. «Il y a encore tellement de cadavres dans tellement d’endroits. Ca fait peur», a commenté le maire Alfred Romualdez. De nombreux corps jonchent encore les rues de sa ville, faisant peser des risques sanitaires.

L’ONU estime que 10’000 personnes pourraient avoir trouvé la mort dans la seule ville de Tacloban, alors que le président philippin Benigno Aquino a estimé ce chiffre «trop élevé», parlant de «2’000 à 2’500» morts. Le dernier bilan officiel provisoire fait quant à lui état de 2’357 morts et 77 disparus.

■ La Chine revoit à la hausse son aide

Après avoir annoncé ce lundi le versement de 100’000 dollars d’aide pour les victimes, la Chine a revu fortement à la hausse la somme allouée à cause des vives critiques soulevées à l’étranger. Le magazine américain Time a ainsi accusé la deuxième économie mondiale de se «débarasser de sa petite monnaie» aux Philippines.

Qin Gang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a cependant indiqué jeudi que la Chine avait «décidé il y a quelques jours» d’apporter une aide supplémentaire équivalant à 10 millions de yuans (1,2 million d’euros), sous forme de couvertures, de tentes et autres soutiens matériels.

Cette polémique survient sur fond de différend territorial entre la Chine et les Philippines qui se disputent la souveraineté de l’atoll de Scarborough, à seulement 200 km des côtes philippines et dont Pékin a pris le contrôle l’an dernier.

■ Une aide trop lente

L’ONU a reconnu jeudi que l’aide humanitaire n’arrivait pas assez vite. «J’ai le sentiment que nous avons abandonné les gens», a simplement reconnu la cheffe des opérations humanitaires des Nations unies Valerie Amos. «Je pense que nous sommes tous extrêmement bouleversés […] de n’avoir pas pu atteindre tout le monde».

Malgré les promesses de la communauté internationale qui a débloqué des dizaines de millions d’euros, les ONG déplorent le manque de camions et d’essence, l’accès difficile à Tacloban alors que tant de personnel tente de s’y rendre, et des conditions de sécurité précaires, après l’attaque de convois d’aide.

«C’est un cauchemar logistique», a résumé jeudi Médecins sans frontières (MSF), qui est en train de déployer des centaines de tonnes de matériel et plus de 100 personnes dans plusieurs îles ravagées par le typhon. «L’accès est très difficile et (la situation) empêche les gens de recevoir de l’aide», a précisé le Dr Natasha Reyes, de l’organisation.