Le photographe neuchâtelois Marc Progin devra de nouveau se soumettre à la justice hongkongaise. L’homme de 75 ans, qui avait été inculpé pour avoir assisté des fauteurs de troubles sur la voie publique lors d’une manifestation en 2019, a été acquitté le 13 novembre par la juge Stephanie Tsui.

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Mais le Département de la justice de la cité portuaire a estimé que cette dernière s’était trompée dans son verdict, jugeant que le Suisse ne méritait pas d’être déclaré non coupable. Pour justifier sa décision, il a invoqué «le poids de l’évidence» à l’encontre de Marc Progin et des «questions de principe», un terme vague ouvert à l’interprétation.

«Pas d’affiliation politique particulière»

Cet horloger à la retraite, qui a émigré à Hongkong en 1977 et pratique assidûment la photographie, était accusé d’avoir favorisé une agression contre un banquier en provenance de Chine continentale par des manifestants le 4 octobre 2019. Lors du procès, qui s’est déroulé en septembre, le procureur a estimé qu’il avait volontairement fermé une porte sous le nez de la victime, l’empêchant de prendre refuge dans un bâtiment. Marc Progin a de son côté assuré qu’il cherchait simplement à se positionner pour prendre une bonne photo.

Le jour du verdict, la juge a estimé qu’il avait certes fait preuve d’un «manque de considération absolu pour le bien-être de la victime», mais elle s’est aussi dite convaincue qu’il n’était pas au courant de l’attaque au préalable et qu’il n’avait pas d’affiliation politique particulière. «L’accusation n’est pas parvenue à prouver de façon indubitable que l’accusé avait aidé et assisté les fauteurs de troubles», avait-elle conclu.

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Ce sont ces délibérations qui seront réexaminées par un comité du Département de la justice dans les prochaines semaines. Si cette instance arrive à la conclusion que le verdict doit être révisé, il y aura un procès en appel. Si les charges restent les mêmes, Marc Progin, qui a été arrêté en décembre 2019, puis inculpé en avril, risque 1 an de prison ferme et une amende de 5000 dollars de Hongkong (590 francs).

«Ce n’est plus mon procès, estime le principal intéressé. Il s’agit désormais d’une affaire politique.» Il pense que le gouvernement hongkongais a besoin d’un coupable, pour ne pas perdre la face contre Pékin et le public en Chine continentale, où l’agression du banquier avait fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux. Comme l’homme qui a porté les coups n’a jamais été retrouvé, Marc Progin est le seul accusé dans cette affaire.