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Des réfugiés palestiniens montrent leur carte d'identité de l'UNRWA lors d'une manifestation contre la décision prise par les USA.
© SAID KHATIB/AFP

Humanitaire

Pierre Krähenbühl: «L’UNRWA arrive à compenser en partie la défection américaine»

Après que l’administration de Donald Trump a supprimé sa contribution à l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens, le patron du programme mène campagne pour lever des fonds, notamment auprès des pays du Golfe et en Asie

La récente suppression du financement de l’UNRWA, l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens, décidée par l’administration de Donald Trump, est un coup dur. Le commissaire général de l’UNRWA, le Suisse Pierre Krähenbühl, a répété par téléphone de Jérusalem mardi aux journalistes du Palais des Nations à Genève «profondément regretter» la décision américaine.

Financièrement, l’UNRWA reste dans une situation difficile, mais les efforts pour diversifier les sources de financement après le désistement des Etats-Unis, un très gros contributeur, commencent à payer.

Une campagne de collecte de fonds

Constatant un manque de financement de 446 millions de dollars, l’agence onusienne a lancé une campagne intitulée «Dignity is Priceless» pour trouver de nouveaux bailleurs de fonds. Celle-ci lui a permis de lever 238 millions de dollars. Plusieurs Etats, souligne le commissaire général, ont décidé d’ouvrir leurs chéquiers, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui soutiennent désormais l’agence à hauteur de 50 millions de dollars chacun. L’Inde, le Japon, la Turquie et le Canada font aussi partie de l’effort financier.

L’Union européenne, qui est le plus grand contributeur de l’UNRWA (55%), songe aussi à compenser en partie la perte de la contribution américaine. L’Allemagne par exemple a déjà signalé sa volonté d’accroître son aide. Après les propos du ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis qui ont laissé planer un doute sur le financement helvétique, les choses «ont été très rapidement clarifiées par le président de la Confédération» Alain Berset, précise Pierre Krähenbühl, qui se félicite de l’investissement élevé et créatif de la Suisse (27 millions par an, le montant le plus élevé par habitant).

La politisation du financement de l’humanitaire devrait être évitée

Pierre Krähenbühl, commissaire général de l’UNRWA

«La situation reste critique, ajoute-t-il. Il nous manque 200 millions pour boucler l’année.» Le patron de l’UNRWA compte sur plusieurs rencontres dans le cadre de la Ligue arabe la semaine prochaine pour renflouer les caisses. Le Suisse le martèle au téléphone: «Nous restons en contact avec les Américains.» Mais il lâche poliment: «La politisation du financement de l’humanitaire devrait être évitée. Ce d’autant que notre travail est jugé de façon très positive par de hauts responsables à Washington.»

Pierre Krähenbühl a bon espoir de pouvoir laisser ouvertes les 711 écoles que son agence gère à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Jordanie et en Syrie. Vu le manque de perspectives actuellement au Moyen-Orient, «on constate une hausse de la radicalisation de la jeunesse». Fermer les écoles de l’UNRWA, précise-t-il, ne ferait qu’accentuer le phénomène.

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