L’essentiel

  • Trois centrales nucléaires ukrainiennes ont été «déconnectées» du réseau électrique après des frappes russes ayant visé des infrastructures.
  • Les bombardements ont fait au moins six morts.
  • Selon l’armée ukrainienne, la Russie a tiré environ 70 missiles de croisière, dont 51 ont été abattus, et envoyé cinq drones kamikazes.
  • Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Volodymyr Zelensky a dénoncé un «crime contre l’humanité».

Des millions d'Ukrainiens toujours privés de courant

L'Ukraine, notamment sa capitale Kiev, était largement privée d'électricité et d'eau jeudi, au lendemain de nouvelles frappes russes qui ont visé les infrastructures énergétiques. Cette stratégie a été qualifiée de «crimes de guerre» par les alliés occidentaux. Neuf mois jour pour jour après le début de l'invasion russe, des millions d'Ukrainiens ont passé la journée sans courant et dans le froid, alors que l'hiver s'installe.

A Kiev, frappée par une pluie glaciale qui tombait sur la neige et des températures proches de zéro, environ 70% de la population restait privée d'électricité, tandis que l'approvisionnement en eau a été rétabli, selon la mairie. De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé que les bombardements russes n'avaient pas pris pour cible la capitale, accusant la défense antiaérienne ukrainienne d'avoir été responsable des dommages à Kiev.

Le reste de l'Ukraine était également largement affecté par les coupures mais la reconnexion des infrastructures critiques au réseau se poursuivait graduellement. A Kharkiv, la deuxième ville du pays, non loin la frontière avec la Russie, l'approvisionnement a été rétabli après un travail «très difficile», a dit son maire Igor Terekhov. Les bombardements russes se poursuivaient également, faisant quatre morts et dix blessés à Kherson, d'où les troupes de Moscou se sont retirées il y a deux semaines, et six morts et 30 blessés à Vychgorod, près de Kiev.

Quatre morts dans un bombardement russe sur Kherson

Au moins quatre personnes ont été tuées et dix blessées jeudi dans un bombardement russe sur la ville de Kherson, dans le Sud de l'Ukraine, d'où les troupes de Moscou se sont retirées il y a deux semaines, a annoncé le gouverneur. «Les envahisseurs russes ont ouvert le feu sur un quartier d'habitations à l'aide de lance-roquettes multiples. Un grand immeuble a pris feu», a indiqué sur Telegram Iarovslav Ianouchevitch, à la tête de l'administration militaire de Kherson.

La Pologne veut que l'Allemagne donne ses missiles Patriot à l'Ukraine

Le ministre polonais de la Défense a proposé que l'Allemagne transfère à l'Ukraine le système de défense anti-aérienne Patriot qu'elle a offert à Varsovie après la chute meurtrière d'un missile en Pologne la semaine dernière. Cette proposition doit être «discutée avec l'OTAN», a réagi la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht.

«Après de nouvelles attaques aux missiles russes, j'ai demandé à la partie allemande que les batteries Patriot proposées à la Pologne soient transmises à l'Ukraine et qu'elles soient installées à la frontière occidentale», a déclaré mercredi soir Mariusz Blaszczak sur Twitter. «Cela permettra de protéger l'Ukraine contre de nouvelles pertes et des coupures d'électricité, et renforcera la sécurité à notre frontière orientale», a-t-il ajouté.

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OTAN: la Hongrie repousse encore la ratification de l'adhésion de la Suède et de la Finlande

La Hongrie, le seul pays de l'OTAN avec la Turquie à ne pas avoir procédé à la ratification de l'adhésion à cette alliance de la Suède et de la Finlande, l'a repoussée jeudi à l'année prochaine. Le Parlement hongrois votera «au cours de la première session» en 2023, a déclaré le Premier ministre nationaliste Viktor Orban en marge d'un sommet du groupe de Visegrad à Kosice (Slovaquie), assurant les deux pays de son «soutien». Budapest avait récemment promis une ratification d'ici à fin 2022. Désormais, il faudra attendre février, quand l'Assemblée se réunira pour la première fois de 2023, sauf si une session extraordinaire est convoquée auparavant.

Plafonner le prix du pétrole russe aurait de «graves conséquences», avertit Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde jeudi contre de «graves conséquences» en cas de plafonnement du prix du pétrole russe, alors que les pays favorables à une telle mesure doivent bientôt annoncer leur décision. «De telles actions vont à l'encontre des principes des relations commerciales et vont très probablement aboutir à de graves conséquences pour le marché énergétique mondial», a déclaré Vladimir Poutine, lors d'un entretien téléphonique avec le premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, selon un communiqué du Kremlin.

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Volodymyr Zelensky remet en question l'appartenance de la Russie à l'OSCE

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remis en question jeudi le maintien de la Russie au sein de l'OSCE, lors d'une intervention télévisée devant l'Assemblée parlementaire de cette organisation internationale réunie à Varsovie. «Nous voyons diverses plateformes internationales trouver des solutions nécessaires pour aider à arrêter le terrorisme russe, isoler autant que possible cet État terroriste et chercher une issue aux crises mondiales brutales créées par la Russie», a fait remarquer le chef de l'Etat ukrainien aux délégués parlementaires de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Et de les interroger: "pourquoi il n'y a toujours pas d'OSCE parmi ces plateformes? Pourquoi, en particulier, un État terroriste, même après 9 mois de crimes en continu, est-il toujours membre de votre Assemblée parlementaire?» «La guerre de la Russie contre l'Ukraine est un test pour toute organisation internationale», a insisté Volodymyr Zelensky.

Le Parlement européen approuve une aide de 18 milliards bloquée par la Hongrie

Le Parlement européen a soutenu jeudi la proposition d’une nouvelle aide financière européenne à l’Ukraine d’un montant de 18 milliards d’euros pour 2023 qui reste bloquée par la Hongrie, en conflit avec Bruxelles. Par 507 voix (38 voix contre, 26 abstentions), les eurodéputés, réunis à Strasbourg, ont très largement donné leur aval à ce nouveau soutien financier à Kiev, pour faire face aux conséquences économiques de l’invasion de la Russie. «Ce vote est important non seulement pour le financement indispensable que cela met à disposition du peuple d’Ukraine, mais c’est aussi important pour la démocratie», a salué la présidente conservatrice du Parlement européen, Roberta Metsola, après avoir annoncé dans l’hémicycle ce vote réalisé «à une vitesse record».

Cette aide pour 2023, devant prendre la forme de prêts dont les intérêts seraient pris en charge par les Etats membres, a été proposée début novembre par la Commission européenne, escomptant un aval rapide du Parlement européen et du Conseil (Etats membres) pour un versement des premiers fonds en janvier.

Mais la Hongrie de Viktor Orban, en pleines négociations houleuses pour le déblocage de fonds européens en sa faveur, refuse pour l’heure de donner son feu vert à cette proposition de prêt commun. Elle a réaffirmé jeudi qu’elle préférait verser une contribution nationale à hauteur de 187 millions d’euros. Son veto empêche de facto une approbation au niveau du Conseil.

Les eurodéputés ont dénoncé l’attitude du gouvernement hongrois. Dans un autre texte voté jeudi, ils «déplore (nt) que les autorités hongroises continuent de se servir abusivement de la règle européenne de l’unanimité pour bloquer des décisions essentielles». Les élus ont pressé la Commission de rester ferme face aux pressions de Budapest, accusé de faire du «chantage». Le Fonds monétaire international a estimé les besoins de l’Ukraine à trois à quatre milliards d’euros par mois en 2023.

Lire aussi: En Hongrie, une consultation très orientée sur les sanctions contre Moscou

Paris accuse la Russie de commettre des «crimes de guerre»

La Russie se livre «à l’évidence à des crimes de guerre» en Ukraine, a une nouvelle fois accusé jeudi le ministère français des Affaires étrangères, soulignant que les bombardements massifs de mercredi «ne poursuivaient aucune cible militaire». «La France condamne avec la plus grande fermeté les bombardements massifs déclenchés par la Russie le 23 novembre contre Kiev, Lviv, et plusieurs autres villes ukrainiennes», a déclaré la porte-parole du quai d’Orsay dans un communiqué.

«Ce ciblage systématique de la population à l’approche de l’hiver traduit une volonté claire de la Russie de faire souffrir le peuple ukrainien, de le priver d’eau, de chauffage et d’électricité pour saper sa résilience», a-t-elle poursuivi, ajoutant que «ces actes constituent à l’évidence des crimes de guerre». Le président français Emmanuel Macron avait estimé mercredi sur Twitter que «toute frappe contre des infrastructures civiles constitue un crime de guerre et ne peut rester impunie».

Lors de frappes le 10 octobre, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna avait elle-même estimé que ces actes étaient assimilables à des crimes de guerre. Le terme de crimes de guerre a également été utilisé par l’Union européenne et l’ONU en octobre. Lundi, ce sont les Etats-Unis qui avaient dénoncé «des crimes de guerre systémiques» de la part de la Russie.

La Russie dit que les récents dégâts à Kiev ont été causés «par la défense antiaérienne» ukrainienne

L’armée russe a nié jeudi avoir mené la veille des frappes sur Kiev, affirmant que les dégâts dans la capitale ukrainienne avaient été causés par des missiles antiaériens «ukrainiens et étrangers». «Aucune frappe n’a été menée sur Kiev. Tous les dégâts dans la ville rapportés par le régime de Kiev sont les conséquences de la retombée de missiles étrangers et ukrainiens de défense antiaérienne, installés dans des zones résidentielles de la capitale ukrainienne», a indiqué le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

Il a indiqué que l’armée russe avait mené la veille «des frappes massives» contre «le système de commandement militaire ukrainien et les infrastructures énergétiques qui y sont liées».

«L’objectif des frappes a été atteint, toutes les cibles indiquées ont été touchées», a-t-il poursuivi, en assurant que ces bombardements avaient permis d’endommager «le déplacement par voie ferroviaire des réserves de l’armée ukrainienne, d’armes étrangères, d’équipements militaire et de munitions». L’Ukraine, notamment Kiev, était largement privée d’électricité et d’eau courante jeudi, au lendemain de ces nouvelles frappes massives de la Russie visant spécifiquement l’infrastructure énergétique, au moment où l’hiver s’installe.

Moscou a distribué 80 000 passeports russes depuis les «annexions»

La Russie a annoncé jeudi avoir distribué des passeports russes à plus de 80 000 habitants de quatre zones d’Ukraine qu’elle affirme avoir rattachées à son territoire, des annexions non reconnues par la communauté internationale. «Depuis que les quatre régions ont été ajoutées à la Fédération de Russie, et conformément à la loi, plus de 80 000 personnes ont reçu un passeport en tant que citoyens de la Fédération de Russie», a déclaré le ministère russe de l’Intérieur, cité par les agences de presse locales.

En septembre, la Russie a organisé des «référendums», dénoncés comme des «simulacres» par les pays occidentaux, visant à faire siennes les zones qu’elle contrôle en Ukraine dans les régions de Donetsk et Lougansk (est), ainsi que Zaporijjia et Kherson (sud). Ces annexions, entérinées par Moscou début octobre, ont été vivement condamnées par la communauté internationale, et ne sont pas reconnues. Depuis l’annonce de ces rattachements, les forces russes ont en outre cédé du terrain face à l’armée ukrainienne, se retirant par exemple de la capitale régionale de Kherson.

Avant même le début de l’offensive contre l’Ukraine en février, Moscou avait déjà distribué des centaines de milliers de passeports russes dans les zones séparatistes de l’est de ce pays voisin. Après le début de l’assaut contre l’Ukraine, le Kremlin a en outre facilité l’obtention de la nationalité russe par les Ukrainiens. Pour les observateurs, la Russie s’efforce avec cette stratégie de renforcer ses prétentions sur les zones d’Ukraine qu’elle revendique, en affirmant qu’elles sont peuplées de citoyens russes, fraîchement naturalisés.

Lire aussi: Vider l’Ukraine pour repeupler la Russie? Les limites de l’arme démographique

La Pologne veut que l’Allemagne donne ses missiles Patriot à l’Ukraine

Le ministre polonais de la Défense a proposé que l’Allemagne transfère à l’Ukraine le système de défense antiaérienne Patriot qu’elle a offert à Varsovie après la chute meurtrière d’un missile en Pologne la semaine dernière. «Après de nouvelles attaques aux missiles russes, j’ai demandé à la partie allemande que les batteries Patriot proposées à la Pologne soient transmises à l’Ukraine et qu’elles soient installées à la frontière occidentale», a déclaré mercredi soir Mariusz Blaszczak sur Twitter. «Cela permettra de protéger l’Ukraine contre de nouvelles pertes et des coupures d’électricité, et renforcera la sécurité à notre frontière orientale», a-t-il ajouté.

Lundi, le gouvernement allemand a proposé à Varsovie de lui fournir un système de défense anti-aérienne Patriot, après que l’explosion d’un missile a causé la mort de deux personnes dans le village polonais de Przewodow, à proximité de la frontière ukrainienne. Varsovie et l’Otan ont indiqué que l’explosion avait probablement été causée par un missile de défense antiaérienne ukrainien, mais que c’était Moscou qui, in fine, était responsable du déclenchement du conflit.

Dans un premier temps, le ministre polonais de la Défense avait accueilli la proposition allemande «avec satisfaction» et a indiqué qu’il allait proposer que le système «soit stationné près de la frontière avec l’Ukraine». Des unités antiaériennes allemandes Patriot sont déjà déployées en Slovaquie. Berlin entend les y maintenir «jusqu’à la fin de 2023 et potentiellement même au-delà», selon la ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht.

En Ukraine, trois centrales nucléaires reconnectées au réseau électrique

Les trois centrales nucléaires ukrainiennes sous contrôle de Kiev ont pu être reconnectées au réseau électrique, après en avoir été coupées la veille à la suite de frappes massives russes, a annoncé jeudi le ministère de l’Energie. «Après les bombardements massifs d’hier, les travailleurs du secteur énergétique ont pu (…) reconnecter trois centrales nucléaires au réseau électrique dans la matinée», a indiqué le ministère sur Telegram précisant que ces installations devraient commencer à livrer de l’électricité d’ici «ce soir».

Une démission russe débloque le comité du Patrimoine mondial

La Russie a mis fin aux fonctions de son ambassadeur à l’Unesco, qui présidait le comité du Patrimoine mondial. Ce départ permet le déblocage de cet organe central pour la préservation des sites culturels et naturels mondiaux. «Je suis, à compter de la date de la présente lettre, dans l’impossibilité de poursuivre mon mandat de président de la 45e session du comité du Patrimoine mondial», a fait savoir mardi l’ambassadeur russe Alexander Kuznetsov dans une lettre adressée aux membres du comité. Le fait que la Russie préside le comité du Patrimoine mondial avait abouti au blocage de cet important rouage de l’Unesco après l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Une session de ce comité prévue en juin 2022 à Kazan (en Russie), actée un an plus tôt, avait notamment provoqué une levée de boucliers au printemps.

Le 8 avril, 46 pays – dont la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis – avaient prévenu qu’ils boycotteraient l’événement s’il était maintenu sur le sol russe ou s’il restait présidé par Moscou. La réunion devait permettre, comme chaque année, d’actualiser la liste des sites, paysages, monuments et villes inscrits au Patrimoine de l’humanité. Une médiation avait été mise en place par la direction générale de l’Unesco pour trouver une issue. Elle «aboutit aujourd’hui positivement. La démission du délégué permanent de Russie va permettre de nommer rapidement un nouveau président» et de relancer le comité, a indiqué un diplomate onusien.

Lire aussi: En Ukraine, un héritage culturel menacé par la guerre

Lors de la démission d’un président du comité, la réglementation de l’Unesco prévoit que son remplaçant soit nommé par le pays qui suit dans l’ordre alphabétique en langue anglaise. Après la Russie, l’Arabie saoudite – «Saudi Arabia» en anglais – sera donc le pays qui devra désigner un successeur à la présidence du comité.

Les structures d'accueil sont débordées à Genève

Les structures d'accueil sont débordées à Genève. Le canton craint de ne plus pouvoir héberger les nouveaux demandeurs d'asile. A la fin du mois seules 54 places seront libres, alors que le canton reçoit 60 demandes d'asile supplémentaires par semaine, avertit le conseiller d'Etat Thierry Apothéloz.

«Plus de 5400 personnes relevant de l'asile sont hébergées à Genève, auxquelles s'ajoutent plus de 3100 ressortissants ukrainiens. Nous avons utilisé toutes les options possibles», ajoute-t-il dans une interview accordée à La Tribune de Genève.

Selon lui, le canton n'exclut «aucune solution» pour créer de nouveaux lits: il pourrait installer deux personnes par chambre au lieu d'une, voire ouvrir les abris de protection civile. Mais ce serait une «ultima ratio et nous allons tout faire pour l'éviter», avertit-il.

En Russie, la virulence des propos anti-ukrainiens

De nombreux politiciens russes continuent de promouvoir une rhétorique ouvertement génocidaire contre l’Ukraine, indique le think tank américain Institute for the Study of War (ISW) dans son rapport quotidien. Le député à la Douma de Moscou Andreï Medvedev, qui est également un journaliste pro-Kremlin, a ainsi posté «une longue diatribe» sur Telegram, dans laquelle «il nie catégoriquement l’existence de la nation ukrainienne», rapporte l’ISW. Selon lui, le pays vit dans un «culte païen de la mort» et il a appelé à la «liquidation totale de l’État ukrainien dans sa forme actuelle». Ce «langage génocidaire», également employé par Vladimir Poutine à certaines occasions, est «fondamentalement incompatible avec les appels à la négociation», note l’ISW.

Selon le think tank, le Kremlin, s’il n’a pas renoncé à «ses objectifs maximalistes», s’efforce toutefois d’adoucir le ton de sa communication vers l’extérieur «pour tromper les pays occidentaux et les inciter à faire pression sur l’Ukraine» pour lancer des pourparlers. En témoignent les récentes déclarations du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, affirmant que le changement de régime n’était pas l’objectif de la Russie.

Le courant est peu à peu rétabli

Sur Telegram le chef adjoint de la présidence ukrainienne, Kyrylo Tymochenko, a déclaré que Kiev et plus d’une douzaine de régions, dont celles Lviv, à l’ouest, et Odessa, dans le sud du pays, avaient été reconnectées au réseau électrique. Dans la capitale, les infrastructures critiques comme les hôpitaux étaient alimentées en priorité, avant que le courant ne soit restauré pour les consommateurs privés, a-t-il précisé.

Les Etats-Unis condamnent les frappes russes, «attaques horribles contre le peuple ukrainien»

Notant que l’armée russe «est en difficulté» sur le terrain, un porte-parole des autorités américaines a condamné le faut que la Russie «se tourne de plus en plus vers des attaques horribles contre le peuple ukrainien, avec des frappes punitives endommageant les infrastructures du réseau énergétique, de manière délibérée, et ce à l’approche de l’hiver». Elle a ajouté que «ces frappes ne semblent pas viser d’objectifs militaires», mais «contribuent plutôt à l’objectif du régime de Poutine d’accroître la souffrance et la mort des hommes, femmes et enfants ukrainiens».

Pour approfondir: reportage sous les bombes russes

La petite ville de Tchassiv Yar, à six kilomètres de Bakhmout, est prise quasi tous les jours pour cible par l’artillerie russe depuis des mois. La région est devenue l’un des points les plus chauds de la ligne de front. «Les avions, les drones russes et même les hélicoptères nous survolent de plus en plus souvent. Ils ciblent les infrastructures mais aussi de manière imprévisible les zones résidentielles.»

Zelensky dénonce un «crime contre l’humanité»

Le président ukrainien a dénoncé devant le Conseil de sécurité des Nations unies les frappes russes contre les infrastructures énergétiques. «Avec des températures en dessous de zéro, plusieurs millions de gens sans fourniture d’énergie, sans chauffage et sans eau, il s’agit évidemment d’un crime contre l’humanité», a fustigé Volodymyr Zelensky lors d’une brève déclaration via une liaison vidéo durant une réunion d’urgence qu’il avait lui-même réclamée.

Neuf mois après le début de l’invasion russe de son pays le 24 février, il a dénoncé la «formule de terreur» imposée par les forces de Moscou. Il a estimé que la communauté internationale ne pouvait «pas être l’otage d’un (Etat) terroriste international», en allusion au droit de veto de Moscou qui bloque toute résolution des Nations unies.

«Le meurtre de civils, la destruction d’infrastructures civiles sont des actions terroristes. L’Ukraine continue d’exiger une réponse déterminée de la communauté internationale à ces crimes», avait écrit plus tôt sur Twitter le chef de l’Etat ukrainien.