Le scandale sanitaire des prothèses mammaires PIP a pris samedi un nouveau tournant judiciaire: l’annonce d’une plainte de la Caisse nationale française d’assurance maladie.

Par ailleurs, Interpol a émis une «notice rouge» à la demande du Costa Rica pour interpeller le fondateur de la société qui fabriquait les prothèses mammaires de marque Poly implant prothèse (PIP), Jean- Claude Mas, mais sans lien avec les implants. Pour une affaire de conduite présumée en état d’ivresse.

Le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem, a annoncé que son organisme portera plainte au pénal «pour tromperie aggravée et escroquerie». Une décision prise «en accord avec le ministre de la Santé, Xavier Bertrand».

Le gouvernement français a recommandé, vendredi, «à titre préventif et sans caractère d’urgence», le retrait des prothèses PIP pour toutes les femmes qui en portent. Neuf cas de cancers ont été signalés chez des femmes ayant eu des prothèses PIP mais sans qu’aucun lien de causalité ne soit établi.

Environ 30’000 femmes en France et des milliers à l’étranger, dont 280 en Suisse, se sont fait implanter des prothèses de cette marque. Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a souhaité samedi sur la radio Europe 1 que le fabricant de ces prothèses «soit retrouvé et réponde de ses actes» comme «celles et ceux qui ont eu un intérêt dans cette société».

«En ne mettant pas le produit prévu, ils ont cherché à se faire de l’argent, c’est la pire des choses, sur la santé des femmes», a-t- il déclaré. La société implantée dans le sud de la France est soupçonnée d’avoir cherché à réduire les coûts de revient du gel alors qu’elle était confrontée à la concurrence et à un fléchissement de ses ventes depuis le milieu des années 2000.

Liquidée depuis mars 2010, PIP a occupé pendant un temps le rang de numéro trois mondial du secteur, fournissant quelque 100’000 prothèses par an, essentiellement à l’étranger, en particulier en Amérique du Sud.