Depuis quelques jours, les commandos de la Shayetet 13 (une unité spéciale d’intervention de la marine israélienne) et l’unité 669 spécialisée dans les secours en mer participent à une série d’exercices intensifs organisés au large des côtés de l’Etat hébreu. En fait, ils se préparent à aborder la dizaine de nouvelles «flottilles de la liberté» qui promettent de forcer le blocus de la bande de Gaza d’ici à la fin du mois d’octobre.

«Paravent du Hezbollah»

Pour l’heure, l’état-major de l’armée israélienne et l’Aman (les renseignements militaires) focalisent leur attention sur un convoi composé du Maryam et du Naji-el-Ali, deux navires affrétés par l’homme d’affaires palestino-libanais Yasser Kashak et qui appareilleront dans le courant du week-end.

Selon le cabinet du premier ministre Benyamin Netanyahou, ce convoi serait «un paravent du Hezbollah» puisqu’il partira de Tyr, l’un des bastions de l’organisation chiite. Mais Yasser Kashak jure que ce n’est pas le cas. Selon lui, le Maryam transportera des tonnes de médicaments alors que des parlementaires libanais, une cinquantaine de journalistes européens, des femmes libanaises ainsi qu’une délégation de Reporters sans frontières embarqueront à bord du Naji-el-Ali.

«Ces bateaux proviennent d’un pays en guerre avec Israël. Ils participent donc à une opération de guerre», a en tout cas estimé le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. Qui promet également un accueil musclé à un autre convoi composé de deux bateaux iraniens. Le premier de ces cargos à déjà quitté Bandar Abbas et le second appareillera au début de la semaine prochaine. Ils feront escale en Turquie avant de faire cap vers Gaza.

Pour les responsables israéliens, les flottilles libanaise et iranienne constituent les deux dangers les plus immédiats. Parce qu’ils considèrent que des miliciens du Hezbollah, voire des Gardiens de la révolution iraniens pourraient se trouver à bord.

D’autres flottilles sont également planifiées courant juillet. L’une d’entre elle est organisée par une série d’organisation pro-palestiniennes, une autre par l’organisation progressiste juive allemande Voix pour une paix juste, et une troisième par l’organisation islamiste turque IHH organisatrice de la première «Flottille de la liberté» fin mai (lire ci-dessous). Enfin, un convoi est également planifié en Grande-Bretagne et au moins trois autres dans les pays arabes voisins d’Israël.

Pour en contrer l’impact, l’Etat hébreu n’entend pas seulement user de la force militaire: il lance aussi des actions diplomatiques visant notamment à convaincre les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne d’interdire à leurs ressortissants de participer à ces convois.

Depuis quelques jours, les dirigeants israéliens tentent également de convaincre leurs homologues égyptiens de fermer le canal de Suez aux bateaux iraniens en route pour la bande de Gaza. Ils n’ont pas reçu de réponse jusqu’à présent.