Investissements! C’est le maître mot qui mobilise beaucoup d’énergie ces jours au sein des institutions européennes. Dès son élection à la présidence de la Commission en juillet dernier, Jean-Claude Juncker a promis un plan de relance de 300 milliards d’euros. Objectif: donner une impulsion à l’économie européenne en panne de croissance. Après d’interminables débats sur le pour et le contre, le plan recevra la bénédiction des dirigeants européens qui se réunissent à Bruxelles ces 18-19 décembre. En 2014, les investissements ont reculé de 15% par rapport à la période d’avant-crise.

On n’a pas fini de parler du Plan Juncker. On n’est qu’au début de sa mise en œuvre. Il faut poser le cadre législatif, nommer l’équipe de pilotage, assurer le financement, ce qui n’est de loin pas gagner, recueillir, trier et identifier les projets. Selon la Commission, il y aurait 2000 vieux projets présélectionnés qui dorment dans ses tiroirs. Si tout va bien, le premier coup de pioche pourrait être donné au deuxième semestre 2015.

Les Chinois y vont autrement. Au pays, sans doute, surtout lorsqu’ils fonctionnent aux marches forcées. Mais ils ont pignon sur rue aussi en Europe. Pékin a convoqué mercredi une rencontre au sommet, le troisième du genre, avec les dirigeants d’Europe de l’est et centrale à Belgrade. Le clou de la rencontre: un accord pour la construction d’une voie rapide, terrestre et maritime pour relier Budapest à Belgrade. Les travaux devraient être achevés en 2017.

Cette région d’Europe a un besoin criant d’infrastructures. Pékin entre dans la brèche et n’ hésite pas à investir des milliards. Les routes, rails et les cours d’eau serviront à transporter des conteneurs remplis de produits «Made in China» dans des pays qui se reconstruisent. Lors de la signature de l’accord hier, le premier ministre chinois, a assuré que «son pays a des réserves suffisantes et peut répondre aux besoins des pays de l’Europe de l’est». La Chine ne cache pas ses intérêts. La liaison Budapest-Belgrade se situe dans le même esprit que le rachat de deux terminaux du port du Pirée. Objectif: faire de la Grèce la tête de pont pour les exportations chinoises sur pour le marché européen.