«Le coronavirus a fait une nouvelle victime: la frugalité allemande.» La formule est de l’hebdomadaire Politico mais c’est toute la presse qui revient sur l’événement européen majeur qui s’est produit hier sur des écrans de vidéoconférence: Paris et Berlin ont proposé que le plan de relance européen, que la commissaire Ursula von der Leyen doit présenter la semaine prochaine, soit doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires pour les pays de l’Union les plus touchés par la pandémie de coronavirus, lors d’un emprunt qui serait garanti par tous. Et 500 milliards d’euros, c’est trois fois et demie le budget annuel européen actuel. Autant dire une révolution.

«Berlin était réticent depuis des années, inquiet qu’une dette mutualisée fasse payer l’Allemagne pour les autres pays. Cette sensibilité n’a pas disparu, note Politico, d’ailleurs ni Merkel ni Macron n’ont prononcé ce terme d’eurobonds. Mais la profondeur de la crise politique et économique provoquée par le coronavirus semble avoir convaincu Merkel que l’Allemagne n’avait plus d’autre choix si elle voulait éviter encore plus de fissures dans l’UE. C’est peut-être la nature de cette crise, qui n’a cette fois rien à voir avec de la mauvaise gestion gouvernementale, qui lui permet d’être plus détendue. Cela dit, elle va encore devoir vendre le projet à son parlement.»