Europe

Le plan de Moscou pour l’Ukraine

Un texte publié il y a un an inspirerait la stratégie actuelle de Vladimir Poutine

Le plan secretde Vladimir Poutine

Ukraine Un texte publié il y a un an aurait inspiré Moscou

Deux semaines avant que le régime Ianoukovitch ne soit renversé à Kiev par l’insurrection de Maïdan en février 2014, un plan d’annexion de la Crimée et des régions du sud-est de l’Ukraine était déjà prêt. C’est en tout cas ce qu’affirme l’un des tout derniers médias d’opposition russe, Novaïa Gazeta, qui a obtenu le document et l’a publié mercredi. Le plan conseille au Kremlin une série de mesures permettant à la Russie de prendre le contrôle de la situation devant «l’inévitable effondrement de l’Ukraine». Il prédit avec précision les événements qui se sont déroulés depuis un an.

Les auteurs enjoignent de saisir l’opportunité créée par les «forces centrifuges» déchirant le pays en deux parties, l’une pro-russe et l’autre pro-occidentale. Partant du postulat que les insurgés de Maïdan sont «contrôlés par les services secrets britanniques et polonais», les auteurs conseillent de s’appuyer sur les «groupes de soutien pro-russes dans les régions de Crimée et de Kharkiv pour une intégration maximale dans la fédération russe». Si la Crimée a été rapidement annexée, Kharkiv est resté sous le contrôle de Kiev.

Provocations en amont

Le plan souligne la nécessité de «provoquer en amont des événements apportant une légitimité politique et morale pour lancer le processus de glissement de l’est de l’Ukraine vers la Russie». Il s’agit de campagnes médiatiques et d’organisation de référendums, car il est «fondamental que l’opinion mondiale ait le moins possible de raisons de douter de la légitimité de ces scrutins».

Ce document a été remis entre le 4 et le 12 février 2014 à l’administration présidentielle russe par un groupe d’experts proches du milliardaire Konstantin Malofeïev, accusé par Kiev de financer les séparatistes pro-russes. Les représentants de Malofeïev et le Kremlin nient toute implication et mettent en doute l’authenticité du document.

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