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Le candidat en tête des républicains tient une conférence de presse dans la Trump Tower, à Manhattan, après sa victoire mardi.
© © Carlo Allegri / Reuters

Etats-Unis

Plongée dans le souk des délégués républicains à la convention de Cleveland

Malgré son triomphe à New York, Donald Trump n’est pas sûr de décrocher l’investiture. En coulisses, les négociations vont bon train et tous les moyens sont bons pour s’arroger la loyauté des délégués

Dans le hall d’entrée bondé de sa tour emblématique de la cinquième Avenue de Manhattan, Donald ne boudait pas son plaisir. Mardi, le milliardaire a triomphé lors de la primaire de New York et remporté la majorité des 95 délégués en jeu. Avec 846 délégués dans son escarcelle, il devra se battre pour en obtenir 1237, le chiffre requis pour décrocher l’investiture à la convention de Cleveland de juillet. Le magnat de l’immobilier est largement en tête des primaires républicaines. Son second, Ted Cruz (544 délégués), ne peut mathématiquement plus obtenir le nombre magique de 1237. Ce n’est toutefois que la partie visible de la course à l’investiture. Une autre bataille fait déjà rage en coulisses, à l’abri des regards: celle autour de la loyauté des délégués lors de la convention.

Jusqu’ici, Donald Trump a négligé cet aspect pourtant élémentaire de la campagne électorale. Ancien stratège de Barack Obama, David Axelrod le mettait en garde mardi soir. Contrairement au New-Yorkais, Ted Cruz a fait un travail de proximité redoutable pour s’assurer la fidélité des délégués à Cleveland. Ce travail de l’ombre est aujourd’hui d’autant plus nécessaire que l’avènement d’une convention indécise est assez probable. Donald Trump peut encore éviter ce scénario, mais il devra gagner plus de 61% des délégués encore en jeu dans les primaires à venir jusqu’au 7 juin.

S’il n’y parvient pas, le Parti républicain vivra sa première convention contestée depuis 1976. C’est sur quoi misent tant le sénateur du Texas Ted Cruz que le gouverneur d’Ohio John Kasich. Ils espèrent avoir leur chance si Donald Trump n’obtient pas une majorité des 2472 délégués présents lors du premier tour de scrutin.

Convaincre les délégués à tout prix

Dans le camp républicain, un grand souk s’est ouvert. Pour le premier tour de scrutin, 95% des délégués sont obligés de voter pour le candidat pour lequel ils ont été choisis. Ils «n’appartiennent» cependant pas au candidat et peuvent même, le cas échéant, être en désaccord avec lui. Mathématiquement, Donald Trump gagnera ce premier tour, mais n’obtiendra peut-être pas la majorité nécessaire. En cas de deuxième tour, seuls quelque 25% des délégués sont toujours «liés» par le mandat confié par leur Etat. Après trois tours, la Californie autorise ses délégués à voter pour qui ils veulent. Les délégués de Floride ont l’obligation de soutenir jusqu’au troisième tour Donald Trump qui a raflé la mise lors de la primaire. Mais après, plus rien n’est sous contrôle.

Tout est bon pour convaincre les délégués et aucune limite financière n’est fixée. Lors de la dernière convention contestée, en 1976, le candidat et président Gerald Ford avait recouru aux grands moyens, invitant des délégués à un dîner officiel à la Maison-Blanche avec la reine d’Angleterre. De son côté, l’équipe de Ronald Reagan en avait invité à des dîners avec les acteurs John Wayne et Jimmy Stewart. Cette année, le milliardaire Donald Trump ne va sans doute pas se priver de décerner des invitations pour son club Mar-a-Lago en Floride ou pour un vol à bord de son Boeing 757.

Un ancien spécialiste de Washington comme stratège

Conscient de son erreur stratégique, Donald Trump vient d’engager comme stratège en chef de la convention un ancien spécialiste de Washington qui a œuvré pour Gerald Ford en 1976. Paul Manafort connaît parfaitement la mécanique d’une convention. Il était temps, car John Kasich et Ted Cruz ont déjà recouru à d’anciens «rabatteurs» déjà impliqués dans ce travail de persuasion en 1976. Il s’agit de «travailler les délégués au corps», de connaître leur vie, leur parcours, leurs préférences voire leurs hobbies.

Dans le camp Trump, on s’inquiète des tactiques de Ted Cruz qu’on soupçonne déjà de «voler les votes» du New-Yorkais. Roger Stone, un ancien rabatteur qui aide son ami Donald Trump de façon informelle, a menacé un jour à la radio d’organiser des manifs, d’acquérir les numéros de chambres, à Cleveland, des délégués qui auraient «volé» des votes en faveur de Trump. Paul Manafort lui-même accuse le camp Cruz de tactiques dignes de la Gestapo.

Ces marchandages pourraient s’aggraver si l’establishment reste incapable de trancher et si aucun candidat ne s’impose. En 1924, les démocrates avaient eu besoin de 103 tours pour investir leur candidat John Davis. John Kasich, lui, compte sur les leçons du passé. Sur les dix conventions républicaines contestées, seules trois ont été remportées par le favori des primaires. Dwight Eisenhower, en 1952, n’avait obtenu que 26,3% des votes lors des primaires alors que son rival Robert Taft en avait glané 35%. Le premier fut investi et élu à la Maison-Blanche.

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