Les autorités turques ont arrêté plus de cent membres du principal parti prokurde du pays après l’attentat d’Istanbul, revendiqué par un groupe radical kurde, a rapporté lundi l’agence progouvernementale Anadolu.

Les arrestations ont visé des membres du Parti démocratique des peuples (HDP) dans l’ensemble du pays. Parmi les personnes arrêtées figurent notamment les chefs de section du HDP à Istanbul, Aysel Guzel, et à Ankara, Ibrahim Binici, selon Anadolu.

Au moins 44 morts dans les attentats de samedi

Ces arrestations surviennent après un attentat qui a fait 44 morts, dont 36 policiers, samedi soir et qui a été revendiqué par un groupe radical kurde, Les Faucons de la liberté du Kurdistan. «C'est très douloureux d'avoir perdu 36 de nos policiers et huit de nos civils dans une attaque sanglante», a déclaré le ministre Recep Akdag devant le Parlement à Ankara, selon l'agence de presse Dogan.

Au moins 30 policiers, sept civils et une personne non identifiée ont été tués et 155 personnes blessées par les déflagrations, selon les autorités, qui ont évoqué «deux attaques liées».

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Frappes contre la rébellion kurde

La Turquie a également frappé des cibles de la rébellion kurde dans le nord de l’Irak, moins de vingt-quatre heures après le double attentat, ont rapporté lundi des médias turcs. L’armée turque, citée par l’agence Dogan, affirme avoir frappé «des membres d’une organisation terroriste séparatiste», en référence au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dans la région du Zab, dans le nord de l’Irak, détruisant leur quartier général ainsi que des abris et des positions armées.

Samedi soir, une voiture a explosé à proximité du stade de l’équipe de football de Besiktas, dans un quartier très fréquenté d’Istanbul, et près d’une minute plus tard, un homme s’est fait exploser près d’un groupe de policiers dans un parc voisin.

Ces attaques ont été revendiquées par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical proche du PKK. Depuis le 24 août, la Turquie est engagée dans l’opération «Bouclier de l’Euphrate» dans le nord de la Syrie, visant entre autres les milices kurdes des YPG (Unités de protection du peuple), alliées des Etats-Unis en Syrie dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

Le PKK, classé «organisation terroriste» par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis, a ses bases arrière dans les monts Kandil, dans le nord de l’Irak. Le conflit avec la Turquie a repris l’été dernier après deux ans et demi de trêve, et fait plus de 40 000 morts depuis le début de la rébellion kurde, en 1984.