Cent-vingt-quatre réfugiés disant venir du Proche-Orient ou du Maghreb ont été découverts vendredi sur une plage corse. Selon les premières informations, ils semblent avoir été débarqués par un passeur.

Il s’agit de 57 hommes, de 29 femmes, dont cinq enceintes et une handicapée, et de 38 enfants, dont neuf nourrissons, a précisé le préfet de Corse du Sud, Stéphane Bouillon.

Certains ont dit être des kurdes de Syrie, d’autres ont déclaré venir de Tunisie ou du Proche-Orient, a-t-il ajouté.

Stéphane Bouillon a ensuite précisé sur France Info qu’»il n’y a pas d’embarcation sur cette plage, donc on suppose que c’est un bateau passeur qui les amenés».

Un bateau suspect repéré

La France n’avait pas connu un tel débarquement de réfugiés sur ses côtes depuis 2001, quand 900 Kurdes étaient arrivés dans le Var, ce qui a fait dire au ministre de l’Immigration, Eric Besson, que la situation était quasiment inédite.

Le ministre a annoncé, lors d’une conférence de presse, qu’un bateau suspect avait été repéré dans les eaux internationales de la Méditerranée, au large de la Sardaigne.

«Notre objectif est de retrouver la trace du bateau qui a pu amener ces personnes sur nos côtes», a-t-il déclaré en précisant qu’une vedette italienne était sur point de le contrôler.

Il a proposé la tenue d’un «sommet de crise» des pays européens concernés par l’immigration clandestine, cet épisode confortant, selon lui, la proposition française de créer un corps de garde- frontières européens.

«Ces événements démontrent une fois de plus l’urgence absolue pour l’Union européenne de renforcer la surveillance de ses frontières extérieures», a-t-il déclaré. «On ne peut pas laisser la Méditerranée aux mains des filières de la traite des êtres humains».

La Corse, a ajouté Eric Besson, «ne peut pas devenir un nouveau Lampedusa», du nom de l’île de Sicile devenue un point d’entrée privilégié pour les immigrés africains irréguliers.

Les réfugiés ont été rassemblés dans un gymnase de Bonifacio. «On a pu les réchauffer, leur donner à boire», a expliqué Jean-Jacques Casalot, du Codis (Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours), sur BFM TV.

«Ils paraissent plutôt en bonne santé, nous n’avons pas eu besoin d’hospitaliser à ce stade qui que ce soit et ils ont peu touché aux rations alimentaires qu’on leur a proposées», a déclaré Stéphane Bouillon au micro d’Europe 1.

Par la suite, «ils vont être reçus un par un et nous allons étudier leur situation au cas par cas comme nous le faisons systématiquement», a précisé le ministre de l’Immigration.

Interrogé sur l’avenir de ces réfugiés, le préfet de Corse du Sud a dit: «La réglementation dit que les personnes qui sont rentrées en séjour irrégulier ont vocation à repartir là d’où elles venaient. Nous devons appliquer la loi en ce domaine».

Des recherches ont été engagées en mer pour trouver d’éventuelles embarcations dans les environs ou d’éventuelles personnes tombées à l’eau. Une information judiciaire a été ouverte pour «aide à l’entrée d’étrangers en bande organisée».