L'Amérique latine et les Caraïbes ont dépassé mercredi le seuil des 15 000 morts du coronavirus, le Brésil étant le pays le plus touché avec près de 8000 décès, selon un décompte de l'Agence France-Presse (AFP) basé sur des données officielles.

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Cette région du monde où la pandémie devrait être au plus haut dans les prochains jours a enregistré plus de 282 000 cas de Covid-19 à 4h30 (heure en Suisse) mercredi. Après le Brésil (7921 décès et 114 715 contaminés), les pays les plus touchés sont le Mexique (2271 et 24 905) puis l'Équateur (1569 et 31 881).

Des mesures de confinement étendues

Plusieurs pays comme l'Equateur, la Colombie et la République dominicaine ont donc décidé d'étendre les mesures de confinement, afin de prévenir la propagation de la pandémie.

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Ainsi, l'Equateur a prolongé jusqu'au 15 juin l'état d'exception, qui permet confinement de la population et couvre-feu. A partir de cette semaine, quelques mesures d'assouplissement ont été adoptées pour préparer une reprise progressive de l'activité économique, dont une flexibilisation des horaires des commerces livrant à domicile. Les taxis sont en outre autorisés à circuler plus longtemps, jusqu'à 17 heures par jour, en alternance selon leur numéro d'immatriculation. Chaque municipalité pourra par ailleurs décider de la levée du confinement, mais avec l'aval du gouvernement en fonction du degré de contagion local.

La Colombie voit son confinement prolongé de deux semaines, jusqu'au 25 mai, a annoncé mardi le président colombien Ivan Duque. Quelques assouplissements sont toutefois prévus. Ils concernent notamment la vente en gros de certains produits, comme les véhicules et les meubles. Par ailleurs, les enfants de six à 17 ans seront autorisés à sortir trois fois par semaine durant une demi-heure. Mais les personnes de plus de 70 ans, jugées très vulnérables au virus, restent confinées jusqu'au 31 mai.

Le Brésil touché le 26 février

L'Organisation panaméricaine de la santé a appelé les gouvernements à être «prudents» en assouplissant ces mesures et a averti que la transmission était «encore très élevée» au Brésil, en Équateur, au Pérou, au Chili et au Mexique.

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Le Brésil a été le premier pays d'Amérique latine à confirmer une infection à coronavirus le 26 février: un homme de 61 ans qui s'était rendu en Lombardie, l'une des régions les plus touchées par la pandémie en Italie, quelques jours auparavant.


Le coronavirus transforme les prisons en poudrières

La situation déjà explosive dans les prisons violentes et surpeuplées d'Amérique latine est devenue intenable avec l'irruption du coronavirus, provoquant des évasions massives, des mutineries qui ont fait plus de 80 morts, conduisant des gouvernements à libérer des détenus. L'incident le plus grave s'est déroulé en fin de semaine dernière dans une prison de l'ouest du Venezuela, où la limitation du droit de visite a fini en mutinerie: au moins 47 détenus sont morts et 75 autres ont été blessés, selon l'ONG Observatoire vénézuélien des prisons.

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Dans nombre de centres pénitentiaires de la région, les détenus reçoivent souvent de la nourriture et des médicaments grâce aux visites de leurs proches. La suspension des parloirs est donc souvent synonyme de faim pour les prisonniers.

La première alarme s'est déclenchée dès la mi-mars au Brésil. En réponse à la décision des autorités de limiter le droit de sortie temporaire, afin d'empêcher l'entrée du virus, près de 1400 détenus se sont évadés de plusieurs prisons de l'Etat de Sao Paulo. Seuls environ 600 d'entre eux ont été rattrapés. Depuis, de nouvelles mutineries ont éclaté chaque semaine en Colombie, en Argentine, au Pérou ou au Mexique, tandis que les cas de prisonniers ou gardiens contaminés se multiplient.

La situation est telle, que la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a fait part mardi de sa «profonde préoccupation» concernant les conditions de détention en Amérique latine et la «rapide propagation du Covid-19».