Ces créations de postes (chiffre corrigé des variations saisonnières) marquent probablement la fin d’un long cycle de destructions d’emplois pour la première économie mondiale, qui sort progressivement de sa plus grave crise depuis les années 1930.

Au total, les Etats-Unis auront perdu près de 8,4 millions d’emplois, soit 6% de leur population employée (hors agriculture) entre le début de la récession en décembre 2007 et février 2010. En février, le pays avait encore perdu 14 000 emplois. Et même si des créations d’emploi ont eu lieu en novembre (64 000, chiffre révisé à la hausse) et janvier (14 000, chiffre révisé à la hausse également), elles étaient considérées comme peu significatives.

Salués par Romer

Le chiffre de mars, le plus élevé depuis mars 2007, est inférieur aux attentes. Les analystes tablaient sur 184 000 créations après un ralentissement de l’embauche en février dû à un hiver exceptionnellement rigoureux, et grâce au coup d’envoi du recensement décennal à la mi-mars.

Ces créations d’emplois n’ont pas suffi à faire descendre le taux de chômage, resté à 9,7% pour le troisième mois consécutif. La Maison Blanche a salué vendredi les chiffres «encourageants» du chômage, mais prévenu que la situation restait préoccupante. «Les chiffres du chômage publiés aujourd’hui montrent des signes graduels de rétablissement du marché de l’emploi», a constaté la principale conseillère économique du président Barack Obama, Christina Romer, dans un communiqué.

Souhait par la Maison Blanche

«Au moment où nous saluons ces nouvelles encourageantes du marché de l’emploi, il est évident que le marché de l’emploi américain reste gravement atteint. Plus de huit millions d’Américains ont perdu leur emploi depuis le début de la récession en décembre 2007», a remarqué Mme Romer. «Il faudra une croissance soutenue et robuste de l’emploi pour faire baisser le taux de chômage. Des actions supplémentaires pour encourager les créations d’emploi dans le secteur privé sont nécessaires pour qu’une reprise plus rapide et généralisée ait lieu», a encore dit la conseillère de M. Obama.

«S’il s’agit des meilleurs chiffres que nous ayons eu en trois ans, la route (de la reprise) sera sans doute encore cahoteuse», a prévenu Mme Romer.