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Selon le directeur pour Israël et la Palestine auprès de Human Rights Watch, Sari Bashi, l’ONU doit responsabiliser les entreprises et publier les noms de celles qui continuent d’opérer dans les colonies.
© ABBAS MOMANI/AFP Photo

Proche-Orient

Plus de 200 sociétés travaillant dans les colonies israéliennes dans le collimateur de l'ONU

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a publié mercredi un rapport controversé et très sensible sur les sociétés à l’œuvre dans les colonies de Cisjordanie. Leurs noms ne sont pas encore connus. Deux firmes suisses sont concernées

 La «liste noire» de sociétés impliquées dans des colonies israéliennes au sein des territoires palestiniens occupés établie par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (OHCHR) et publiée mercredi promet des étincelles. Dans un rapport très attendu de 16 pages, l’OHCHR recense 206 sociétés apparemment actives dans des colonies de peuplement en Cisjordanie sur les 307 initialement identifiées. Parmi elles, 143 sont domiciliées en Israël, 22 aux Etats-Unis, 7 en Allemagne, 5 aux Pays-Bas et en France et 2 en Suisse. Dix-neuf pays sont concernés. Les entreprises dans le collimateur sont actives dans les secteurs bancaire, touristique, sécuritaire, technologique, immobilier, minier ainsi que de la construction et des télécommunications.

Malgré des ressources extrêmement limitées, le Haut-Commissariat a procédé à ce travail sur mandat du Conseil des droits de l’homme (CDH). Il n’a pu contacter pour l’heure que 64 sociétés. Mais il marche sur des œufs. La question est ultrasensible et promet des débats houleux lors de la prochaine session du CDH qui débute le 26 février. Le rapport onusien le souligne: «Les entreprises [en question] jouent un rôle central en facilitant l’activité des colonies. Elles contribuent à la confiscation de terres par Israël et aux transferts de population à travers un développement commercial. Certaines d’entre elles sont directement impliquées dans la confiscation des terres en menant des opérations de démolitions […].» Sur le plan du droit international, l’ONU est catégorique. Les colonies sont illégales.

Vive réaction américaine

L’établissement de la liste noire n’en demeure pas moins compliquée. Il se base notamment sur des critères déterminés par une mission onusienne d’établissement des faits de 2013 avec laquelle Israël avait refusé de coopérer. La base de données est censée être évolutive et fait suite à une résolution adoptée par le CDH en mars 2016 par 32 pays (15 abstentions), dont la Suisse. Mais elle suscite déjà l’ire d’Israël et des Etats-Unis.
Ambassadrice américaine auprès des Nations unies à New York, Nikki Haley n’a pas caché son courroux: «Toute cette question dépasse les prérogatives du Haut-Commissariat aux droits de l’homme et est une perte de temps et de ressources.» La diplomate américaine, qui a déjà menacé le CDH des foudres de Washington s’il n’entreprend pas des réformes, est catégorique: la publication du rapport témoigne de «l’obsession anti-israélienne» du Conseil des droits de l’homme. L’administration de Donald Trump pourrait d’ailleurs exiger de supprimer le point 7 à l’ordre du jour du CDH consacré exclusivement à Israël, faisant de l’Etat hébreu le seul Etat de la planète à être systématiquement dans le collimateur du CDH. Une revendication que nombre d’Etats européens seraient prêts à honorer.

Du côté israélien, l’ambassadrice Aviva Shechter, citée par Reuters, estime que le rapport «sort des compétences et de l’autorité du Conseil des droits de l’homme en matière d’établissement de listes noires. Cela fait partie des efforts biaisés visant à saper la légitimité d’Israël.»

Directeur pour Israël et la Palestine auprès de Human Rights Watch, Sari Bashi relève que le rapport «montre les progrès accomplis dans l’identification des entreprises qui contribuent aux violations sérieuses commises dans les colonies israéliennes en Cisjordanie». Pour lui, l’ONU doit responsabiliser les entreprises et publier les noms de celles qui continuent d’opérer dans les colonies.

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