France

Plus de 300 femmes violées signent un manifeste dans «Le Nouvel Observateur»

Elles souhaitent «libérer la parole» des victimes de viol en France dans un manifeste présenté comme «un acte politique» et publié dans l’hebdomadaire à paraître jeudi

Pour «briser le silence sur ces millions de femmes» victimes de viol, «il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique», écrivent les signataires du manifeste lancé à l’initiative de Clémentine Autain, figure de la gauche radicale et ancienne élue de Paris.

Parmi les 313 noms figurent celui de l’écrivain Frédérique Hébrard, de l’ex-championne de tennis Isabelle Demongeot, de Marie-Laure de Villepin, ancienne épouse de l’ex-premier ministre Dominique de Villepin.

Ce texte, publié à quelques jours de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, rappelle qu’«en France, une femme est violée toutes les huit minutes» et que «trop de stéréotypes entourent le viol». «Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse.»

«Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte», poursuivent les femmes signataires.

Issues de tous les milieux socioprofessionnels, ces femmes concluent: «Ce manifeste est une interpellation des pouvoirs publics et de la société tout entière pour favoriser l’émergence de notre parole, ici et maintenant.» Selon les associations, 75 000 à 100 000 personnes sont violées chaque année.

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