Proche-orient

Plus de 50 morts à Gaza, le gouvernement palestinien accuse Israël de «massacre»

Ce lundi, marqué par l'inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, est la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 avec au moins 52 morts. Plusieurs Etats et ONG ont appelé à éviter un nouvel embrasement

Le gouvernement palestinien basé en Cisjordanie occupée a accusé lundi Israël de commettre un «horrible massacre» dans la bande de Gaza. Les tirs de l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza ont fait au moins 52 morts et 500 blessés lundi parmi les Palestiniens, selon le ministère de la Santé local. Les manifestants affluent en bordure de bande de Gaza pour l’avant-dernier jour des rassemblements en faveur du droit au retour des réfugiés. 

Le porte-parole du gouvernement palestinien, Youssouf al-Mahmoud, a exigé dans un communiqué une «intervention internationale immédiate pour stopper l'horrible massacre commis à Gaza par les forces occupantes israéliennes contre notre peuple héroïque».

La bande de Gaza est le théâtre de heurts depuis la fin de la matinée contre l’inauguration de l’ambassade prévue lundi après-midi. Ces décès portent à plus de 100 le nombre de Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le début d'un mouvement de protestation massif le 30 mars. Ils font aussi de cette journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans l'enclave. 

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Israël demande aux manifestants de se tenir à distance

L’armée israélienne a largué des tracts lundi dans l’enclave pour sommer ses habitants de rester à distance de la clôture frontalière et de ne pas «tenter de la saboter». L’armée israélienne «continuera à agir contre ceux qui cherchent à porter atteinte à la sécurité d’Israël», peut-on y lire. Les manifestants, qualifiés d’«émeutiers», y sont en outre invités à «ne pas se laisser manipuler par le Hamas».

L’avertissement n’a pas empêché plusieurs milliers de personnes de se rassembler sur les cinq principaux sites de la marche. Parmi les blessés, figurent deux journalistes locaux, selon le Croissant-Rouge palestinien. Les forces israéliennes ont par ailleurs tiré des grenades lacrymogènes dans des camps de tentes dressés par les manifestants le long de la frontière, rapportent des témoins.

L'ambassade américaine officiellement inaugurée

Dans le même temps, les Etats-Unis ont inauguré à Jérusalem leur nouvelle ambassade dans le pays. Une plaque et un sceau américain ont été dévoilés pour signifier l'ouverture de la mission dans les locaux de ce qui était jusqu'ici le consulat américain.

Au même moment à Washington, le président Donald Trump a assuré que les Etats-Unis restaient «pleinement» engagés dans la recherche d'un accord de paix durable entre Israéliens et Palestiniens. Le président américain s'est exprimé par message vidéo destiné aux participants à l'inauguration de l'ambassade américaine en Israël.

«Notre plus grand espoir est celui de la paix. Les Etats-Unis restent pleinement engagés à faciliter un accord de paix durable", a notamment déclaré Donald Trump.

L’opinion de l’ancien sous-secrétaire général des Nations unies Marcel Boisard: Le statut de Jérusalem à la lumière de l’histoire


Appels à la «retenue»

En réaction aux affrontements à la frontière entre Gaza et Israël, l'Union européenne a exhorté lundi toutes les parties à «la plus grande retenue». «Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives», a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini. De son côté la France a exhorté lundi les autorités israéliennes au «discernement». «L’usage de la force qui doit être strictement proportionné», a ajouté le ministère français des affaires étrangères.

En Suisse, le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Ignazio Cassis s'est dit «profondément préoccupé par l'escalade de la violence au Proche-Orient et le nombre de morts». Il a appelé à l'arrêt des violences dans une vidéo postée sur son compte Twitter. Le patron de la diplomatie suisse s'est exprimé depuis la Jordanie où il effectue une visite de deux jours, qui s'achève ce lundi.

Amnesty International a dénoncé une «violation abjecte» des droits de l'Homme et des «crimes de guerre». «Ceci doit cesser immédiatement», a ajouté sur Twitter l'organisation non gouvernementale basée à Londres.

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