L’essentiel

  • Près de la moitié des habitants de Kiev étaient toujours privés d'électricité vendredi, deux jours après des frappes russes ayant visé des infrastructures esssentielles.
  • L’ONU demande une investigation criminelle indépendante sur l’exécution présumée de 12 soldats russes à Makiivka, en Ukraine.
  • Kherson, dans le sud de l'Ukraine, est toujours bombardée. Les patients des hôpitaux de la ville ont été évacués à cause de «bombardements russes constants». Quinze civils ont été tués vendredi soir.

«Plus de 6 millions» de foyers affectés par des coupures d'électricité en Ukraine

Plus de six millions de foyers en Ukraine étaient affectés par des coupures d'électricité en Ukraine vendredi, deux jours après des frappes massives russes contre ce pays, a indiqué le président Volodymyr Zelensky.

«Ce soir, des coupures se poursuivent dans la plupart des régions et à Kiev. Plus de six millions de foyers au total», a déclaré Volodymyr Zelensky dans son adresse quotidienne.

Quinze morts dans un bombardement russe à Kherson

Quinze civils ont été tués vendredi dans un bombardement russe sur la ville de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, a annoncé une responsable de la ville, d'où les troupes de Moscou se sont retirées récemment. «Aujourd'hui, 15 habitants de la ville ont été tués et 35 blessés, dont un enfant", à la suite des frappes russes», a affirmé Galyna Lugova, responsable de l'administration militaire de la ville, sur les réseaux sociaux. Elle a précisé que plusieurs «maisons privées et des immeubles de grande hauteur» avaient été endommagés lors des frappes.

La Russie «Etat promoteur du terrorisme»: Moscou dénonce la résolution du Parlement européen

La diplomatie russe a dénoncé vendredi la résolution du Parlement européen qui a qualifié cette semaine la Russie d'«Etat promoteur du terrorisme», Moscou affirmant que cette décision «n'a rien à voir» avec la lutte contre le terrorisme.

«Cette action inamicale fait partie d'une campagne politique d'information menée par l'Occident à l'égard de notre pays et n'a rien à voir avec la situation réelle dans la lutte contre le terrorisme international», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Paris et Berlin «soutiendront l'Ukraine jusqu'au bout» du conflit, affirme Elisabeth Borne

Paris et Berlin «soutiendront l'Ukraine jusqu'au bout de ce conflit», a affirmé la première ministre française Elisabeth Borne vendredi à Berlin aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz. «Depuis le premier jour de cette guerre brutale, nos deux pays ont apporté un soutien indéfectible à l'Ukraine. (...) Nous avons oeuvré à une réaction européenne forte et commune. Nous sommes, monsieur le Chancelier, pleinement alignés: nous continuerons à le faire. Nous soutiendrons l'Ukraine jusqu'au bout de ce conflit», a déclaré Elisabeth Borne lors d'une conférence de presse commune avec Olaf Scholz.

La Russie va «atteindre ses objectifs» en Ukraine, assure Vladimir Poutine

La Russie va «atteindre ses objectifs» en Ukraine, a assuré vendredi le président russe Vladimir Poutine, lors d'une rencontre organisée par le Kremlin avec des mères de soldats et mobilisés russes, diffusée à la télévision publique.

Vladimir Poutine s'en est pris à des «ennemis dans le champ informationnel» qui cherchent selon lui à «dévaluer, discréditer» l'offensive russe en Ukraine. «Nous devons atteindre nos objectifs, et nous allons les atteindre», a affirmé Vladimir Poutine.

Les patients des hôpitaux de Kherson évacués à cause de «bombardements russes constants»

Les patients des hôpitaux de Kherson sont en cours d’évacuation en raison de frappes russes «constantes» sur cette ville du sud de l’Ukraine, dont les forces de Moscou se sont retirées il y a deux semaines, annonce le gouverneur.

«En raison des bombardements russes constants, nous évacuons les patients des hôpitaux de Kherson», a indiqué sur Telegram Iaroslav Ianouchevitch, à la tête de l’administration militaire de Kherson.

Ouverture d’un procès d’espionnage au profit de la Russie

Ils sont accusés d’avoir espionné la Suède pendant dix ans au profit de Moscou: le retentissant procès de deux frères suédois, dont un ancien agent des services de renseignements de son pays, s’est ouvert aujourd’hui à Stockholm. «Cette affaire est unique à de nombreux titres. Nous n’avons pas eu de procès similaire depuis plus de 20 ans», a souligné le procureur Mats Ljungqvist au cours de la première audience. Les informations obtenues, transmises et vendues par les deux frères, Payam Kia, 35 ans, et Peyman Kia, 42 ans, sont «extrêmement sensibles» et «nuisibles à la sécurité de la Suède», a fait valoir le parquet.

Pour cette raison, une grande partie du procès aura lieu à huis clos et le parquet a requis que de nombreux éléments soient classifiés. «La cour aura accès à des documents que très peu de gens dans ce pays ont pu voir ou avoir à en connaître», a souligné Mats Ljungqvist.

Les deux accusés encourent la perpétuité. Selon l’accusation, c’est le renseignement militaire russe, le GRU, qui a bénéficié des informations, entre 2011 et l’arrestation des deux Suédois fin 2021. Les deux frères, issus d’une famille d’origine iranienne selon les médias suédois, plaident non coupables.

Poutine assure «partager la douleur» des mères de soldats russes tués en Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé vendredi, lors d’une rencontre avec des mères de soldats déployés en Ukraine, «partager la douleur» de celles qui ont perdu leurs fils, en les appelant à ne pas croire les «mensonges» sur l’opération militaire.

«Je veux que vous sachiez que moi, personnellement, tous les dirigeants du pays, nous partageons cette douleur. Nous savons que rien ne peut remplacer la perte d’un fils», a déclaré Vladimir Poutine, la mine grave. «La vie est plus compliquée que ce qu’on voit à la télé ou sur Internet (…), il y a beaucoup de mensonges», a ajouté le président russe, alors que des proches de militaires dénoncent sur les réseaux sociaux les conditions dans lesquelles certains sont envoyés au combat.

La Pologne commande deux navires espions au suédois Saab

Le groupe suédois d'armement Saab a annoncé un contrat de 620 millions d'euros pour fournir deux navires de renseignement militaire à la Pologne. Les livraisons sont prévues «courant 2027», indique le groupe d'aéronautique et de défense dans un communiqué. Les deux navires sont spécialisés dans le renseignement d'origine électromagnétique et l'interception de signaux («signal intelligence» ou SIGINT), précise Saab.

De tels bateaux militaires «sont utilisés pour permettre l'obtention de données en utilisant tout le spectre du renseignement naval», explique le groupe suédois. Saab sera le principal opérateur du contrat pour la conception et la production des navires, mais ceux-ci seront fabriqués en Pologne sur un chantier du sous-traitant Remontowa Shipbuilding.

La commande intervient sur fond de montée des tensions en mer Baltique après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, notamment autour de l'enclave russe de Kaliningrad, zone très militarisée nichée entre la Pologne et la Lituanie. Fin septembre, le sabotage sous-marin des gazoducs Nord Stream 1 et 2 reliant la Russie et l'Allemagne avait également mis la Baltique au coeur des tensions internationales.

L’Allemagne va qualifier de «génocide» la famine ukrainienne des années 30

L’Allemagne va adopter une résolution reconnaissant comme «génocide» la famine en Ukraine provoquée il y a 90 ans par le régime stalinien, selon un projet de résolution de la coalition et de l’opposition dévoilé vendredi. Le projet de résolution, déposé par la coalition au pouvoir formée par le SPD, les Verts et les libéraux du FDP, ainsi que par l’opposition conservatrice CDU-CSU, sera débattu mercredi prochain au Bundestag, la chambre basse du parlement.

En 1932 et 1933, environ 3,5 millions d’Ukrainiens ont été victimes de l'«Holodomor» (qui signifie, en ukrainien, extermination par la faim) commis par le régime stalinien. Les récoltes étaient confisquées au nom de la collectivisation des terres. Cette famine s’inscrit «dans la liste des crimes inhumains commis par des systèmes totalitaires qui ont fait disparaître des millions de vies humaines en Europe, notamment dans la première moitié du XXe siècle», condamne le projet de résolution, consulté par l’AFP.

Ce crime «fait partie de notre histoire commune en tant qu’Européens». «C’est toute l’Ukraine qui a été touchée par la famine et la répression, et pas seulement ses régions productrices de céréales», souligne le projet de résolution. «Dans la perspective actuelle, il est donc évident qu’il s’agit d’un génocide sur le plan historique et politique», ajoute-t-il.

L’Ukraine fait campagne depuis des années pour que l’Holodomor soit reconnu comme un génocide. La Russie refuse catégoriquement une telle classification, car la grande famine qui a sévi en Union soviétique au début des années 30 n’a pas seulement fait des victimes ukrainiennes, mais aussi russes, kazakhes, allemandes de la Volga et des membres d’autres peuples.

L’ONU veut une investigation sur l’exécution présumée de 12 Russes

L’ONU demande une investigation criminelle indépendante sur l’exécution présumée de 12 soldats russes à Makiivka, en Ukraine. Le Haut commissaire aux droits de l’homme Volker Türk s’est dit vendredi à Genève «choqué» par les accusations de telles exactions contre des prisonniers de guerre ukrainiens comme russes. La Mission de l’ONU de surveillance des droits humains en Ukraine examine du matériel sur les exécutions présumées. Si celles-ci se confirment, elles constitueront des «crimes de guerre», insiste le Haut-commissaire.

La Mission se penche notamment sur les vidéos qui montrent la reddition de soldats russes ou affiliés à Makiivka durant laquelle un homme aurait ouvert le feu sur des militaires ukrainiens. Les cadavres de 12 Russes sont ensuite dévoilés. Certains accusent l’Ukraine d’exécutions sommaires.

Selon les analyses préliminaires, les vidéos semblent «très probablement» authentiques, selon la Mission. «Les circonstances exactes» doivent faire l’objet d’une investigation et les responsables poursuivis, ajoute Volker Türk. Les autorités ukrainiennes ont ouvert une procédure mais celle-ci doit être «rapide et indépendante», selon le Haut commissaire qui appelle les parties à honorer le droit international humanitaire (DIH) en ne recourant pas à des exécutions de prisonniers de guerre.

Il a aussi dénoncé vendredi à Genève la poursuite des frappes de missiles et de drones par la Russie. «Des millions de personnes sont plongées dans des difficultés extrêmes et des conditions déplorables», estime l’Autrichien. Il ajoute que cette situation pose «de graves problèmes» de DIH.

Selon la Mission de l’ONU, au moins huit civils ont été tués mercredi par des missiles et 45 ont été blessés à Kiev et dans la région autour de cette ville. Un bébé de deux mois a été tué par un assaut sur un centre de santé à Vilniansk. Depuis un mois et demi et le début des tirs de missiles russes contre plusieurs villes d’Ukraine, plus de 70 civils ont été tués, aussi selon l’ONU. Près de quatre fois plus ont été blessés, dit l’organisation.

Le chef de la diplomatie britannique en Ukraine, annonce de nouvelles aides

Le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a effectué vendredi une visite en Ukraine où il a rencontré le président Volodymyr Zelensky et annoncé de nouvelles aides aux Ukrainiens «dans leur combat». Lors de sa visite, six jours après celle du Premier ministre britannique Rishi Sunak, James Cleverly a notamment annoncé la livraison de 24 ambulances supplémentaires et 3 millions de livres en plus pour aider à la reconstruction d’infrastructures. James Cleverly a rencontré à Kiev le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le chef de la diplomatie Dmytro Kouleba. «Le Royaume-Uni est aux côtés de l’Ukraine», a dit James Cleverly cité dans un communiqué du gouvernement britannique. «J’ai annoncé aujourd’hui un ensemble de mesures concrètes pour aider nos amis ukrainiens dans leur combat, qu’il s’agisse d’ambulances ou d’un soutien crucial aux survivantes des violences sexuelles perpétrées par l’armée russe», a-t-il dit, sans plus de détails.

Samedi, Rishi Sunak en visite en Ukraine avait déjà annoncé une aide militaire d’un montant de 50 millions de livres (57,4 millions d’euros) et une aide humanitaire de 16 millions de livres (18,3 millions d’euros). L’aide militaire comporte «125 canons antiaériens et de la technologie pour contrer les drones meurtriers fournis par l’Iran (à Moscou, ndlr), y compris des dizaines de radars et de l’équipement électronique anti-drones», avait indiqué Downing Street. Mercredi, Londres — l’un des plus forts soutiens de Kiev depuis l’invasion russe en février — avait aussi annoncé l’envoi d’hélicoptères pour soutenir les Ukrainiens. Le Royaume-Uni s’est également engagé à fournir 5 millions de livres pour une initiative menée par l’Ukraine par l’intermédiaire du Programme alimentaire mondial de l’ONU et destinée à envoyer des céréales ukrainiennes pour les pays à fort risque de famine comme le Yémen et le Soudan.

La moitié des habitants de Kiev toujours privés d'électricité

Près de la moitié des habitants de Kiev étaient toujours privés d'électricité,deux jours après des frappes russes ayant visé des infrastructures esssentielles, a indiqué le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko. «Un tiers des logements ont déjà du chauffage, les spécialistes continuent de le rétablir dans la capitale. La moitié des consommateurs sont toujours privés d'électricité», écrit-ellesur le réseau social Telegram.

«Au cours de la journée, les compagnies d'énergie prévoient de raccorder l'électricité pour tous les consommateurs en alternance», a-t-il promis, alors que les températures approchaient zéro degrés Celsius avec de la pluie. Le président du conseil d'administration de l'opérateur électrique national, Ukrenergo, Volodymyr Koudrytsky, a de son côté estimé que le système énergétique ukrainien avait désormais «passé le stade le plus difficile» après l'attaque.

L'électricité est partiellement restaurée dans les régions et «le système énergétique est à nouveau connecté au système énergétique de l'Union européenne», a-t-il indiqué sur Facebook. Des millions d'Ukrainiens avaient passé la journée de jeudi sans courant, notamment à Kiev, au lendemain de frappes massives de missiles russes ayant une nouvelle fois visé les infrastructures d'approvisionnement en eau et en électricité. Cette stratégie russe a été qualifiée de «crimes de guerre» par les alliés occidentaux de l'Ukraine.

Dans les pays de l’est de l’UE, l’industrie de l’armement se porte bien

Avec la proximité de la guerre, l’industrie de l’armement dans les pays d’Europe de l’est produit des armes et des munitions à un rythme «jamais vu depuis la guerre froide», rapporte l’agence Reuters, qui indique avoir consulté une douzaine de fonctionnaires et d’analystes. Selon eux, le conflit présente des opportunités pour le secteur. A commencer par la Pologne, qui soutient massivement l’effort de guerre ukrainien. Notant la volonté de beaucoup de pays «d’augmenter leurs dépenses dans le domaine de la défense, il existe une réelle chance de pénétrer de nouveaux marchés et d’augmenter les recettes d’exportation dans les années à venir», indique Sebastian Chwalek, CEO de l’entreprise étatique d’armement PGZ. Son groupe prévoit ainsi d’investir jusqu’à 8 milliards de zlotys (1,7 milliard de francs) au cours de la prochaine décennie, soit plus du double de son objectif d’avant-guerre. En Slovaquie et en République tchèque notamment, les entreprises d’armement suivent la même tendance, et augmentent leur capacité de production en embauchant de la main-d’œuvre, ajoute Reuters.

Yandex s’apprêterait à couper les ponts avec la Russie

Yandex, souvent surnommée «Goolge russe», souhaiterait couper ses liens avec la Russie afin de protéger ses nouvelles activités des retombées de la guerre en Ukraine, affirme le New York Times qui cite deux sources proches du dossier. L’entreprise est officiellement enregistrée aux Pays-Bas et dispose de filiales européennes, britanniques et américaines, mais l’essentiel de ses activités est en Russie et dans les pays russophones. Le groupe technologique prévoirait ainsi de transférer «ses nouvelles technologies les plus prometteuses vers des marchés extérieurs à la Russie et vendrait ses activités établies dans le pays», qui comprennent notamment son populaire moteur de recherche – leader de l'espace russophone – et ses applications de véhicule avec chauffeur et de livraison de repas, détaille le quotidien américain. Le développement de technologies nouvelles, telles des voitures autonomes, l’intelligence artificielle et les services de cloud, qui nécessitent d’avoir accès aux marchés, échoueront si elles restent associées à la Russie, indique l’une de ces personnes.

Si Yandex devait le réaliser, ce plan de restructuration constituerait un revers pour Vladimir Poutine, dont l’ambition est de remplacer les produits et services technologiques occidentaux, «étouffés par les sanctions», par des substituts nationaux, note encore le journal. Un tel changement reste toutefois très incertain, car l’entreprise doit obtenir l’aval du Kremlin pour transférer certaines technologies hors de Russie. Elle doit aussi trouver des acquéreurs pour ses activités russes, qui devraient continuer à exister.

Volodymyr Zelensky: «Chaque heure, nous rebranchons l’électricité pour de nouveaux consommateurs»

Selon le président ukrainien, une quinzaine de régions rencontraient encore des problèmes avec l’approvisionnement en eau et en électricité dans la nuit de jeudi, après les frappes russe de la veille. «La situation avec l’électricité reste difficile dans presque toutes les régions. Cependant, nous nous éloignons progressivement des coupures et chaque heure, nous rebranchons l’électricité pour de nouveaux consommateurs», a-t-il dit.

A Kiev, frappée par une pluie glaciale qui tombait sur la neige et des températures proches de zéro, environ 70% de la population restait privée d’électricité, tandis que l’approvisionnement en eau a été rétabli, selon la mairie. A Kharkiv, la deuxième ville du pays, l’approvisionnement a été rétabli après un travail «très difficile», a indiqué le maire Igor Terekhov.

«Nous avons résisté à neuf mois de guerre totale, et la Russie n’a pas trouvé le moyen de nous briser. Et elle ne le fera pas. Nous devons continuer à tenir bon», a assuré Volodymyr Zelensky dans son allocution quotidienne.