ISLAM

Plus de deux millions de pèlerins convergent vers La Mecque

Des musulmans venus du monde entier sont rassemblés en Arabie saoudite pour le grand pèlerinage, de mercredi à lundi. Dans un contexte diplomatique tendu, et après une dramatique bousculade il y a deux ans, les autorités ont mobilisé d’importants moyens

Plus de deux millions de musulmans venus des quatre coins du monde entament mercredi le grand pèlerinage à La Mecque: un parcours en plusieurs étapes qui se déroule au cœur de la première ville sainte de l’islam et dans ses environs.

Les autorités saoudiennes ont mobilisé d’importants moyens et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité alors qu’il y a deux ans une gigantesque bousculade avait fait près de 2300 morts.

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«Chaque fois, ce sont de nouvelles émotions», affirme Tidjani Traoré, consultant dans la fonction publique originaire du Bénin. Au fil des ans, «il y a eu des innovations en termes d’organisation et d’accueil des pèlerins. Aujourd’hui par exemple, les tentes sont climatisées», ajoute-t-il, en assurant effectuer son 22e pèlerinage à l’âge de 53 ans.

Ascension du mont Arafat prévue jeudi

De l’esplanade de la Grande Mosquée aux sept minarets, les pèlerins convergent à pied vers la Kaba, construction cubique enveloppée d’une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d’or de versets coraniques. C’est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier et autour de laquelle les pèlerins effectuent les sept tours rituels (tawaf).

Les fidèles se rendront ensuite à Mina, à cinq kilomètres à l’est de La Mecque, où s’amassent des centaines de milliers de pèlerins avant d’entamer jeudi à l’aube l’ascension du mont Arafat, le moment fort du pèlerinage.

Sur l’esplanade de la Grande Mosquée, appelée en arabe Masjid al-Haram (la mosquée sacrée), des brumisateurs rendent la chaleur plus supportable. Assis à l’ombre d’arbres ou de ponts en béton armé, des fidèles attendent patiemment l’appel de la prochaine prière. D’autres, plus téméraires, poursuivent leur marche, protégés par un tapis de prière ou un petit parapluie fixé sur la tête par un bandeau élastique.

Cette année, le pèlerinage est marqué par le retour des fidèles iraniens, absents l’an dernier.

Un contexte de crise diplomatique

La bousculade meurtrière de 2015 avait fait 464 victimes iraniennes et, quelques mois plus tard, Ryad et Téhéran avaient rompu leurs relations après l’exécution d’un dignitaire chiite en Arabie et l’attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

«Assurer la sécurité des pèlerins est notre priorité», a insisté mardi le général Mansour al-Turki, porte-parole du Ministère de l’intérieur. Selon lui, plus de 100 000 membres des forces de sécurité ont été déployés sur les différents sites du pèlerinage.

Le hadj intervient aussi dans un contexte de crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et ses alliés d’un côté et le Qatar de l’autre. Les premiers reprochent au petit émirat gazier son soutien à des groupes extrémistes et son rapprochement avec l’Iran, grand rival régional de Ryad.

Le boycott imposé au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend notamment la fermeture des liaisons maritimes et aériennes, a empêché de nombreux Qataris de venir au hadj cette année, même si Ryad a assoupli les conditions d’entrée par la voie terrestre à deux semaines du pèlerinage.

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Une volonté de promouvoir le tourisme religieux

Le pèlerinage est incontestablement une source de revenus pour le royaume saoudien.

Le plan de réformes économiques «Vision 2030», dessiné dans un contexte de chute du prix du pétrole, comprend l’essor du tourisme religieux. Selon des chiffres officiels, le nombre de pèlerins venus de l’étranger est en augmentation par rapport à 2016.


Le hadj en chiffres

  • Plus de deux millions de fidèles participent au hadj cette année (contre 1,86 million en 2016 et 24 000 en 1941), selon des chiffres officiels.
  • 221 000 Indonésiens sont présents aujourd’hui à La Mecque, le plus grand nombre de pèlerins venus de l’étranger jamais enregistré.
  • Plus de 100 000 membres des forces de sécurité sont mobilisés pour le pèlerinage.
  • Plus de 17 000 employés de la protection civile, soutenus par 3000 véhicules, participent à la sécurité.
  • Plus de 17 000 caméras ont été installées sur le parcours du hadj.
  • Mina, située entre le mont Arafat et la Grande Mosquée de La Mecque, abrite des dizaines de milliers de tentes climatisées pour héberger temporairement les pèlerins. On l’appelle la «Cité des tentes».
  • 2468 employés du Croissant-Rouge saoudien sont mobilisés, ainsi que 500 volontaires et 326 ambulances. Les équipes de secours disposent aussi de 113 centres ambulanciers et de huit hélicoptères.
  • Plus de 700 cuisiniers saoudiens sont réquisitionnés pour nourrir les pèlerins.
  • 712 000 sacrifices d’animaux avaient été effectués l’an dernier.
  • Le royaume saoudien espère accueillir, d’ici à 2030, quelque 30 millions de pèlerins par an, contre 8 millions actuellement. En dehors de la période du hadj, des fidèles peuvent effectuer la omra (petit pèlerinage).
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