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David Cameron s’exprime devant la presse au lendemain de l’accord trouvé au sommet de Bruxelles.
© © Toby Melville / Reuters

Union européenne

Le plus difficile commence pour David Cameron

Après l’accord arraché à Bruxelles, six ministres ainsi que le maire de Londres Boris Johnson se prononcent pour la sortie de l’Union européenne. Les sondages indiquent un avantage au camp en faveur du maintien. Le référendum aura lieu le 23 juin

En arrachant à ses partenaires européens un accord vendredi soir, David Cameron a fait le plus facile. Certes, cela lui a pris du temps et de l’énergie: huit mois de diplomatie incessante, avec des déplacements dans une vingtaine de pays européens et des rencontres ou des discussions par téléphone avec chacun des chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne à au moins deux reprises. Mais rien de tout cela ne compare à l’aigreur du débat qui a débuté au Royaume-Uni.

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Alors que le premier ministre britannique a confirmé officiellement que le référendum pour rester ou sortir de l’UE se tiendrait le 23 juin, il fait face à un véritable schisme dans son propre camp. Ces dissensions devraient largement s’étaler ce lundi, quand il présentera à la Chambre des communes l’accord de vendredi soir.

Six ministres se désolidarisent de Cameron

Dès samedi, six ministres (sur 29) ont annoncé qu’ils allaient faire campagne pour sortir de l’Union européenne, mettant fin à l’habituel devoir de solidarité entre les membres du gouvernement. Parmi eux se trouvent deux importantes figures: Michael Gove, le ministre de la Justice et l’un des meilleurs amis de David Cameron; Iain Duncan Smith, le ministre de la Sécurité sociale, ancien leader du Parti conservateur.

Lire aussi:  Boris Johnson, le maire de Londres, rêve de devenir premier ministre

D’autant que Boris Johnson, le très populaire maire de Londres et aspirant à la succession de David Cameron, a annoncé dimanche qu’il allait faire campagne pour le camp du «Brexit» (British exit). Capable de dépasser les clivages des partis politiques habituels, ce tribun échevelé aura une influence déterminante dans la campagne. A ses côtés, au moins une centaine de députés conservateurs (environ le tiers d’entre eux) devrait se prononcer en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. «David Cameron pourrait entrer dans l’histoire comme l’homme qui a fait rester le Royaume-Uni dans l’Union européenne, mais a scindé en deux le Parti conservateur», estime Nick Robinson, ancien rédacteur en chef politique de la BBC.

Les derniers sondages sont plutôt rassurants pour David Cameron. Ils donnent entre quatre et dix-huit points d’avance en faveur du maintien du pays dans l’UE. Mais le grand écart entre les différentes études d’opinion, et leurs résultats très volatils, incitent à la prudence, alors qu’il reste trois quatre mois de débats qui promettent d’être acrimonieux.

D’un côté, les partisans d’une sortie sont plus que jamais remontés, avec un argument simple: redonner au Royaume-Uni sa souveraineté. «Des lois qui gouvernent les citoyens de ce pays sont décidées par des politiciens d’autres nations que nous n’avons jamais élus et que nous ne pouvons pas mettre dehors», estime Michael Gove. «Si nous partons, nous serons en charge de notre propre pays», explique Nigel Farage, le leader du parti anti-européen United Kingdom Independence Party (UKIP). Il cite en particulier le contrôle des frontières, afin de réduire l’immigration en provenance d’Europe.

Les arguments du clan Cameron

De l’autre côté, David Cameron et ses partisans jouent aux équilibristes, faisant valoir une ligne beaucoup plus nuancée. «Je n’aime pas Bruxelles. J’aime la Grande-Bretagne. […] Et je ne dirai jamais que notre pays ne peut pas survivre hors de l’Europe», estime le premier ministre britannique. Mais c’est au nom de cette défense de son propre pays qu’il propose de rester dans l’UE. Le leader britannique avance trois raisons: le Royaume-Uni serait ainsi plus sûr, plus influent et plus prospère.

Le premier argument concerne la lutte contre le terrorisme, le crime organisé mais aussi la diplomatie internationale face à la Russie ou à l’Iran. Pour David Cameron, ces problèmes internationaux ne peuvent se régler que si l’UE agit de concert. Le second argument est de souligner que Londres a plus d’influence en étant à la table des négociations européennes qu’à l’extérieur. D’ailleurs, les Etats-Unis font pression pour que son principal allié européen demeure membre des Vingt-Huit.

Si nous restons dans cette UE réformée, nous savons ce que nous aurons. Si nous partons, nous ne le savons pas. C’est un saut dans l’inconnu.

Enfin, l’économie est la clé de voûte de cette argumentation, qui estime que l’accès au marché unique est un pan essentiel de la prospérité britannique. «Si nous restons dans cette UE réformée, nous savons ce que nous aurons. Si nous partons, nous ne le savons pas. C’est un saut dans l’inconnu. Alors que le monde est très incertain, pourquoi donc prendre un risque supplémentaire?», interroge David Cameron.

Dans ce débat fondamental, les concessions européennes arrachées vendredi soir à Bruxelles sont finalement assez secondaires. Mais elles offrent au premier ministre britannique un argument clé: «Nous pouvons avoir le meilleur des deux mondes.» La dernière fois qu’un premier ministre a tenté ce tour de passe-passe c’était en 1975. A l’époque, le chef du gouvernement conservateur Edward Heath avait lui aussi crié victoire après avoir négocié d’arrache-pied quelques dispensations à Bruxelles. Les Britanniques avaient alors décidé à 67% de rester dans la Communauté économique européenne. David Cameron pourra-t-il se targuer du même succès?

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