L’essentiel

Ce samedi a lieu une manifestation des anti-mesures covid à Winterthour. Aucun dérapage n'a été observé.

A Melbourne, la police a procédé à au moins 200 arrestations après un rassemblement des opposants aux mesures sanitaires. 

Vendredi, le Conseil fédéral a annoncé un resserrement des conditions d’entrée en Suisse. Dès lundi, toute personne non vaccinée ou non guérie devra présenter la preuve d’un test négatif à son arrivée en Suisse. Entre quatre et sept jours plus tard, elle devra effectuer un nouveau test, à ses frais. Les zones frontalières ne sont pas concernées.

Voir notre suivi de la journée de vendredi.


■ Scènes de câlins à la manifestation de Winterthour

Christoph Pfluger, co-fondateur de l’association «Les Amis de la Constitution», a voulu battre le «record du monde des câlins» lors de la manifestation contre les mesures covid. Il a demandé aux personnes présentes de s’étreindre – ce que beaucoup ont fait, notent les journalistes du Landbote.

La manifestation s’est déroulée dans le calme selon le journal, qui a compté au moins 3000 participants. Les discours ont principalement visé la vaccination contre le Covid-19 ainsi que les mesures du Conseil fédéral. Le satiriste Andreas Thiel a par exemple comparé les «mesures totalitaires» du Conseil fédéral à l’Inquisition médiévale. Les orateurs ont aussi argumenté en faveur du référendum contre la loi Covid-19, sur lequel les Suisses sont appelés à voter le 28 novembre prochain.


■ Dixième samedi de manifestations des «réfractaires» en France

«Les Gaulois réfractaires vont résister», ont de nouveau promis des manifestants anti-pass sanitaire en France. Près de 200 rassemblements sont prévus sur tout le territoire, pour le dixième week-end consécutif.

Selon une source policière, 17 000 manifestants étaient attendus samedi à Paris et 80 000 à 120 000 dans le reste du pays.


■ Les opposants aux mesures anti-covid réunis à Winterthour

Des centaines d’opposants aux mesures anti-Covid se sont rassemblés samedi après-midi à Winterthour. La manifestation, autorisée, était notamment organisée par les «Freiheitstrychler», présents avec leur propre service d’ordre.

Les manifestants, parmi lesquels de nombreux enfants, se sont rassemblés contre la «censure» et la «dictature vaccinale» au Neumarkt, au centre-ville de Winterthour. «La pandémie de corona est un plan pour ériger la dictature digitale», pouvait-on lire sur une pancarte. Sur une autre, on parlait d’apartheid en Suisse.

Lire aussi: Certificat covid: les colères grondent dans les rues

Le ministre de la santé Alain Berset a été dépeint comme un dictateur ou le diable. Une pancarte le comparant à Hitler a été aperçue. De nombreux messages à caractère religieux étaient lisibles et de la littérature religieuse était distribuée, a constaté sur place un journaliste de l’agence Keystone-ATS.

Quasiment personne ne portait de masque. En amont de la manifestation, on annonçait la présence d’orateurs comme le satiriste Andreas Thiel ou Philipp Gut, ancien rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire «Weltwoche».


■ Dérapages durant une manifestation anti-covid à Melbourne

Des centaines de manifestants ont été arrêtés et des policiers blessés ce samedi à Melbourne, en Australie, lors de violents affrontements avec des manifestants opposés au confinement.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz poivre et procédé à plus de 200 arrestations, dans la deuxième ville la plus peuplée du pays où des centaines de personnes ont enfreint l’obligation de rester chez elles pour manifester, rappelle l’AFP.

Melbourne connaît son sixième confinement depuis le début de la pandémie et l’État de Victoria, où elle se situe, a enregistré samedi plus de 500 cas de Covid-19.

La police a indiqué que six policiers ont été hospitalisés après avoir été la cible de projectiles et avoir été piétinés lors d’affrontements avec quelque 700 manifestants.


■ En images: une évacuation sanitaire de 16 000 kilomètre au total

Vendredi, un avion a été affrété en espace médicalisé à Papeete, en Polynésie française. Huit patients en soins intensifs ont été embarqués, destination Paris. «Depuis le mois dernier, deux à trois vols médicalisés de ce type sont déjà organisés chaque semaine au départ des Antilles où les services de réanimation hospitaliers sont particulièrement encombrés», écrit Tahiti Infos.


■ Le camp du «non» à la loi covid: «Un sentiment de discrimination»

24 Heures propose un entretien avec Michelle Cailler, porte-parole des Amis de la Constitution, association qui a porté les deux référendum contre la loi covid – on vote sur le deuxième en novembre. Elle affirme que son organisation comptait une vingtaine de membres en juillet, et «aujourd’hui, nous sommes 17 000».

Elle résume: «On a désormais deux sortes de citoyens: ceux qui ont un pass et ceux qui n’en ont pas. C’est un choc pour la population. Toutes ces manifestations, c’est la preuve qu’il y a une gêne. On ne peut pas supprimer les droits fondamentaux en touchant à la liberté personnelle, à la liberté de la formation ou à la liberté de réunion.»


■ Une accalmie dans le Maghreb

Finies les images terribles d’hôpitaux débordés de malades du Covid-19, écrit l’AFP. Après une flambée de cas pendant l’été dans tout le Maghreb, l’heure est à la décrue. L’agence fait un point de situation.

Tunisie. Les services de réanimation ont été submergés par les cas de Covid en juillet en Tunisie, pays qui a payé le plus lourd tribut du Maghreb avec environ 24 500 morts. Le pic des contaminations s’est produit entre le 7 et 13 juillet avec plus de 55 000 cas, contre sept fois moins aujourd’hui. Les décès sont également en forte baisse avec 342 morts sur la semaine écoulée, cinq fois moins qu’au pic (1451 morts, du 24 au 30 juillet).

A l’époque, les autorités avaient imposé un couvre-feu dès 20h (suisse), allégé depuis, et limité la circulation entre régions tout en donnant un coup de fouet à la vaccination, grâce à d’importants dons internationaux.

Plus d’un quart (26,1%) des 12 millions de Tunisiens a actuellement un schéma vaccinal complet (deux doses de vaccins et un délai de quelques semaines après la seconde injection).

Maroc. Le Maroc, qui déplore près de 13 800 morts du Covid, est le pays du Maghreb le plus avancé dans la vaccination, avec près de la moitié de parcours vaccinaux complets (46,7%). Le pays a connu un record de contaminations début août avec près de 70 000 nouveaux cas, un nombre hebdomadaire divisé par quatre au 16 septembre. Même tendance pour les décès avec 405 morts ces sept derniers jours, près de la moitié des 775 enregistrés lors du pic (du 16 au 22 août).

Les autorités ont durci début août le couvre-feu nocturne (22h), limité les rassemblements, et restreint les déplacements vers la métropole économique de Casablanca et les pôles touristiques de Marrakech et Agadir.

Algérie. Avec un bilan officiel de 5650 décès, Alger a annoncé début septembre «une grande campagne» visant 70% de vaccinés d’ici la fin de l’année. Au 16 septembre, 13,3% des près de 44 millions d’Algériens avaient reçu au moins une première dose mais seulement 9,5% disposent d’un schéma complet.

Les principaux foyers d’infection ont été identifiés dans les districts d’Alger, Blida, Tizi Ouzou et Oran. Le record hebdomadaire de contaminations a été atteint du 24 au 30 juillet (10 626 nouveaux cas) et pour les décès, entre le 31 juillet et le 6 août avec 268 morts. Au 16 septembre, la décrue était nette avec six fois moins de cas sur 7 jours, et deux fois moins de décès (132).

Les rassemblements demeurent interdits et le couvre-feu (23h) a été maintenu, mais les plages et lieux de loisirs ont rouvert. Les vols internationaux, stoppés depuis mars 2020, ont repris partiellement en juin.

Libye. Avec près de 7 millions d’habitants, la Libye, qui a annoncé environ 4500 morts, a connu aussi un net ralentissement de l’épidémie après un pic dans la semaine du 25 au 31 juillet marqué par 24.000 nouveaux cas et 204 décès.

La campagne de vaccination bat son plein depuis l’ouverture à Tripoli d’un centre dédié le 11 août, suivi dix jours plus tard d’un deuxième dans l’Est, secondés par des centres de quartier. A ce jour, 18,4% des Libyens ont reçu au moins une dose mais seulement 2,1% ont complété leur schéma vaccinal.


■ Ueli Maurer se défend de toute provocation

Ueli Maurer a expliqué à CH Media qu’il a porté un t-shirt des «Freiheitstrychler», les anti-mesures covid, pendant environ cinq minutes lors de l’événement «par pur hasard», dimanche passé (lire notre article). Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une provocation et qu’il ne savait pas dans quel contexte ce vêtement était porté. Le ministre des Finances assure avoir également appelé à la vaccination lors de l’événement.

De leur côté, les «Freiheitstrychler» annoncent de nouvelles manifestations… en citant justement Ueli Maurer comme modèle. Le geste du ministre illustre la nécessité d’une «résistance pacifique contre les mesures nuisibles de lutte contre la pandémie», avancent-ils (lire ci-dessous).


■ Le «pré-procès» du cerveau présumé du 11-Septembre est suspendu

Le «pré-procès» du cerveau présumé du 11-Septembre, Khalid Sheikh Mohammed, et de quatre autres accusés a été suspendu vendredi en raison d’une alerte au Covid au sein du tribunal militaire de la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba.

Selon un responsable du tribunal, le juge a décidé de suspendre les audiences préliminaires après avoir été informé d’un cas confirmé de Covid parmi les journalistes ayant couvert les audiences la semaine dernière.

Une deuxième personne ayant participé aux audiences a ressenti des symptômes mais le cas n’a pas été confirmé.

L’audience de vendredi aurait dû être la dernière, après deux semaines de réunions préliminaires dirigées par le nouveau juge en charge de la procédure, le colonel Matthew McCall, qui s’était dit décidé à voir du «mouvement» après neuf ans d’audiences, interrompues pendant 18 mois en raison de la pandémie.


■ Les «Freiheitstrychler» se distancient des brutalités de jeudi

Les organisateurs de la manifestation contre les mesures de lutte contre la pandémie de jeudi rejettent toute responsabilité pour les débordements. Ils se distancient de «toute forme de violences».

Les «provocateurs» qui ont secoué le grillage dressé sur la Place fédéral pour protéger le Palais fédéral sont des «personnes isolées» qui n’appartiennent pas aux «Freiheitstrychler», a indiqué ce groupe dans la nuit de vendredi à samedi, que résume l’agence ATS.

Le conseiller municipal bernois en charge de la sécurité Reto Nause a qualifié les événements d’assaut contre le Palais fédéral, une qualification que les organisateurs de la manifestation rejettent. L’expression est de la propagande mensongère contre les opposants aux mesures de lutte contre la pandémie, dénoncent-ils.

Le groupe critique également la police, qui n’a, selon lui, pas suffisamment protégé les manifestants pacifiques des contre-manifestants violents lors de cet événement qui n’était pas autorisé. Selon le groupe, un membre de leur propre service de sécurité a été agressé et subi des blessures de gravité moyenne.

Jeudi soir, une manifestation non autorisée contre les mesures de lutte contre la pandémie a réuni entre 3000 et 4000 personnes à Berne. Lorsque des manifestants isolés ont commencé à secouer le grillage dressé sur la Place fédéral pour protéger le Palais fédéral, la police est intervenue avec un canon à eau. Elle a également fait usage de balles en caoutchouc et de gaz irritant.