Six personnes ont été tuées jeudi dans des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants anti-régime à Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye, ont rapporté des sites d’opposition basés à l’étranger.

Des «affrontements violents» ont eu lieu à Benghazi, à 1’000 km à l’est de Tripoli, faisant «six morts jusqu’ici» et 35 blessés, selon les sites Al Youm et Al-Manara, documentées par des vidéos d’amateurs sur YouTube aussi.

Par ailleurs, des avocats ont manifesté devant un tribunal de la ville, réclamant une Constitution pour le pays, a-t-on ajouté.

Des morts à Al-Baïda

Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi en Libye dans des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants anti-régime, dans la ville d’Al-Baïda, dans l’est du pays, ont rapporté jeudi des sites d’opposition et des organisations non gouvernementales (ONG) libyennes, basés à l’étranger.

«Les forces de la Sécurité intérieure et des milices des comités révolutionnaires ont dispersé, en usant des balles réelles, une manifestation pacifique de jeunes de la ville d’Al-Baïda», faisant «au moins quatre morts et plusieurs blessés», a indiqué dans un communiqué Libya Watch, une organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres.

Snipers sur les toits

Des sites d’opposition, dont Libya Al-Youm, basé à Londres, ont fait état également d’au moins quatre manifestants tués par balles réelles. L’organisation libyenne Human Right Solidarity basée à Genève, qui cite des témoins, a indiqué de son côté que des snipers postés sur des toits ont tué treize manifestants et blessé des dizaines d’autres.

Des vidéos circulant sur Internet montraient des dizaines de jeunes Libyens rassemblés la nuit dernière dans la ville d’Al-Baïda et scandant: «Le peuple veut faire tomber le régime», tandis qu’un bâtiment prenait feu, en l’absence des forces de sécurité. Des appels ont été lancés sur Facebook pour faire de jeudi une «Journée de la colère» contre le régime dirigé d’une main de fer depuis bientôt 42 ans par le colonel Kadhafi.

Appel de Washington

Mais les manifestations ont commencé bien avant, comme à Benghazi où 38 personnes avaient été blessées dans la nuit de mardi à mercredi. Ces rassemblements hostiles au pouvoir, rares en Libye, sont inspirés par les révoltes dans deux pays frontaliers, la Tunisie et l’Egypte. Amnesty International, Londres et l’Union européenne ont appelé mercredi soir à éviter le recours à la force, tandis que les Etats-Unis ont demandé à Tripoli de «prendre des mesures spécifiques qui répondent aux aspirations, aux besoins et aux espoirs de leur peuple».

Mercredi soir, des SMS ont été envoyés par «les jeunes de la Libye» sur le réseau de téléphonie mobile, mettant en garde celui qui «oserait toucher aux quatre lignes rouges», Mouammar Kadhafi, l’intégrité territoriale, l’islam et la sécurité du pays.