On apprenait dans la soirée que Berne a déclaré «persona non grata» l’ambassadrice de Syrie pour la Suisse Lamia Chakkour. Celle-ci est basée à Paris où elle est également ambassadrice de son pays pour la France, a indiqué mardi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). «Cette décision a été communiquée mardi par une note diplomatique au ministère syrien des Affaires étrangères», a précisé le DFAE.

A Paris, le président français François Hollande a annoncé lors d’un point presse que l’ambassadrice de Syrie à Paris, Lamia Chakkour, allait être expulsée mardi ou mercredi en réponse au massacre de Houla qui a provoqué la mort de quelque 108 personnes, dont 49 enfants. Cette décision sera notifiée à l’ambassadrice «aujourd’hui ou demain», a ajouté le chef de l’Etat.

«J’ai eu une conversation lundi avec David Cameron, le premier ministre britannique. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a eu une discussion avec le secrétaire général des Nations unies et nous avons convenu d’un certain nombre de pressions à exercer sur la Syrie», a affirmé M. Hollande. Il a précisé que «parmi les décisions» prises, il y avait «l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie en France» et qu’«aujourd’hui (mardi) ou demain, ça lui sera notifié».

«Elle est aussi ambassadrice auprès de l’Unesco, ça aura donc des conséquences sur la rapidité d’exécution de cette décision», a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat a tenu à préciser qu’il s’agissait d’«une décision non pas unilatérale de la France, mais d’une décision concertée avec (ses) partenaires».

A Berlin, l’ambassadeur de Syrie en Allemagne a été convoqué mardi au Ministère des affaires étrangères où son expulsion du territoire allemand lui sera signifiée, selon l’agence de presse allemande dpa. A Londres, le Royaume-Uni a expulsé le chargé d’affaires syrien à Londres (officiel).

Le ministère italien des Affaires étrangères a annoncé mardi avoir convoqué l’ambassadeur de Syrie à Rome pour le déclarer «persona non grata» et donc l’expulser en réaction aux «violences contre la population civile relevant de la responsabilité du gouvernement syrien». Cette mesure a été «étendue à plusieurs fonctionnaires de l’ambassade», a indiqué dans un communiqué le ministère. «Le gouvernement entend réaffirmer ainsi son indignation» face au massacre de Houla, a-t-il ajouté, précisant que cette mesure avait été «coordonnée avec les autres partenaires européens».

Enfin, l’Espagne aussi a décidé mardi d’expulser l’ambassadeur de Syrie à Madrid en réponse à la «répression inacceptable exercée par le régime sur la population», a annoncé le Ministère des affaires étrangères.

L’Espagne a également décidé l’expulsion de quatre diplomates syriens en poste à Madrid, indique le ministère dans un communiqué, en adressant à Damas «son ferme rejet de la violence perpétrée contre la population civile» et en appelant le régime syrien à «saisir l’occasion offerte par le plan Annan».