L’idée d’un registre spécifique pour enregistrer les immigrés de pays musulmans, brandie par le camp de Donald Trump pendant la campagne, refait parler d’elle. Et cette fois, par le biais de Carl Higbie, un ancien de la Navy, porte-parole d'un lobby pro-Trump.

Ce dernier a dérapé lors d'une interview télévisée, en osant une comparaison liée à la Deuxième Guerre mondiale. «Cibler des gens en fonction de leur religion, de leur race ou de leur origine? Nous l’avons déjà fait auparavant avec les Japonais», a-t-il lancé, en faisant allusion aux près de 100 000 citoyens américains d'origine japonaise emprisonnés dans des camps suite à l'attaque de l'armée japonaise sur Pearl Harbor. Des individus incarcérés uniquement en raison de leur origine.

La journaliste de Fox News, Megyn Kelly, qui l'a interrogé, offusquée par une telle comparaison, l'a rapidement remis à sa place. Carl Higbie s'est défendu en déclarant qu'il ne voulait que citer un «précédent». «Vous ne pouvez pas citer les camps d’internement des Japonais pour justifier quoi que ce soit que le président élu puisse faire à l’avenir», lui a alors rétorqué la journaliste.

Les contours de cette proposition restent flous

L'administration Trump songerait à réactiver cette idée de base de données de musulmans en s'appuyant sur le principe du fichier ciblant les immigrants de certains pays créé après les attentats du 11 septembre 2001, le fameux «National security entry-exit registration system». Près de 80 000 personnes ont été fichées, mais aucune n'a été inculpée pour des faits de terrorisme. Très critiqué, ce fichier n'est plus vraiment actif depuis 2011, mais il n'a pas non plus formellement été supprimé.

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La proposition de cibler les musulmans a été lancée durant la campagne par l'équipe de Donald Trump dans le but de «lutter contre la menace djihadiste». Mais ses contours restent flous. Donald Trump lui-même, après une fusillade perpétrée dans une boîte gay de Floride par un Américain de parents afghans, avait déclaré songer fermer «provisoirement» les frontières aux musulmans. Il avait aussi suscité la polémique en proposant le fichage de musulmans et la fermeture de mosquées après les attentats de Paris du 13 novembre 2015.