Un député de Qom, ville où ont été annoncés les premiers cas de coronavirus en Iran, a accusé lundi le gouvernement de «ne pas dire la vérité» sur l'ampleur de cette épidémie en Iran, selon l'agence semi-officielle Isna. Ahmad Amirabadi Farahani, élu ultraconservateur, a tenu ces propos devant la presse à l'issue d'une session parlementaire à huis clos sur le virus.

De son côté, l'agence de presse Ilna, proche des réformateurs, rapporte que Ahmad Amirabadi Faramani a parlé de «50 morts» uniquement à Qom (150 km au sud de Téhéran) alors que le bilan officiel est de 12 morts à l'échelle du pays.

«Le reste des médias n'a pas publié ce chiffre, mais nous préférons ne pas censurer ce qui concerne le coronavirus car la vie du peuple est en danger», a déclaré à l'AFP Fatemeh Madiani, rédactrice en chef de l'agence Ilna.


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Le gouvernement «nie formellement»

«Je nie catégoriquement cette information», a déclaré à la mi-journée le vice-ministre de la Santé, Iraj Harirtchi, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision. «Le moment n'est pas à l'affrontement politique, le coronavirus est un problème national», a-t-il ajouté.

«Nous nous engageons à être transparents sur la publication des chiffres», a déclaré le porte-parole du gouvernement Ali Rabii, lors de la même conférence de presse.

«Nous annoncerons tout chiffre concernant le nombre de morts sur l'ensemble du pays», a ajouté Ali Rabii alors que selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, l'épidémie de pneumonie virale a fait 12 morts en Iran sur un total de 64 personnes infectées.

Le doute de la population

La confiance de la population iranienne dans le gouvernement a été mise à l'épreuve en janvier lors du crash d'un avion de ligne ukrainien, abattu près de Téhéran. Les forces armées avaient reconnu leur responsabilité dans le drame trois jours après les faits et après le démenti par les autorités de la thèse d'un tir de missiles avancée par le Canada dès le soir de la catastrophe.


Un cas en Irak

L'Irak a annoncé lundi son premier cas de contamination au nouveau coronavirus, un étudiant en religion iranien dans la ville sainte chiite de Najaf, alors que le pays a déjà interdit les voyages entre l'Irak et son grand voisin iranien.

Cet homme, âgé selon une source médicale, est le premier cas officiellement annoncé en Irak, un pays au système de santé totalement délabré qui accueille sur son sol de nombreux pèlerins et étudiants en religion venus d'Iran. Ce pays voisin est en première ligne face au coronavirus, avec le plus grand nombre de cas de décès en dehors de Chine, douze recensés jusqu'ici.