Plusieurs milliers de personnes tentaient de se rassembler en différents endroits du centre de Téhéran lundi en début d’après-midi, mais la police et les forces antiémeute essayaient de les en empêcher, selon des témoins et plusieurs sites d’opposition.

De petits groupes de personnes cherchaient à se regrouper en marchant en silence sur la grande avenue Enghelab, qui traverse Téhéran d’est en ouest, et dans des rues avoisinantes, selon des témoignages parvenus à l’AFP.

Les forces de l’ordre déployées en masse dans le centre de la capitale tentaient d’empêcher la formation de ces rassemblements, selon ces sources qui n’ont pas observé d’incidents ni d’arrestations.

L’opposition au gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad a appelé à une manifestation lundi en soutien aux mouvements populaires en Egypte et en Tunisie, mais les autorités ont interdit tout rassemblement.

Le directeur politique du Ministère de l’intérieur, Mahmoud Abbaszadeh Meshkini, a répété lundi qu’aucune autorisation de manifester n’avait été donnée à l’opposition.

«Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sans crier de slogans» autour de la place Enghelab, dans le centre de Téhéran, a affirmé le site Kaleme.com du leader de l’opposition réformatrice, Mir Hossein Moussavi. Kaleme n’a signalé aucune violence et précisé que les forces de l’ordre se bornaient à «observer».

Les médias étrangers ont été avertis par les autorités qu’ils n’avaient pas le droit de se rendre sur place pour observer la situation, comme à chaque manifestation ou tentative de manifestation de l’opposition en Iran depuis 18 mois.

Opposants assignés à domicile

Ce matin la police iranienne a bloqué l’accès au domicile d’un des leaders de l’opposition, l’ancien premier ministre Mir Hossein Moussavi, coupant également ses lignes téléphoniques, pour l’empêcher de participer à une manifestation, a rapporté lundi son site internet Kaleme.com.

«Toutes les lignes des téléphones fixes et portables de M. Moussavi et de sa femme Zahra Rahnavard sont coupées depuis hier. Depuis ce matin, l’impasse dans laquelle se trouve sa maison a été barrée par des voitures de la police», a rapporté le site, ainsi que sa page Facebook.

«Plusieurs voitures de police sont garées dans la rue et il est impossible de circuler», ajoute Kaleme.com.

Des forces de la police antiémeute étaient par ailleurs visibles dans le centre de la capitale.

L’autre leader de l’opposition, l’ancien chef du parlement, Mehdi Karoubi, est également de facto en résidence surveillée depuis jeudi.