Le nom du terroriste révélé

La police britannique a rendu public en fin d'après-midi le nom du terroriste présumé de l'attaque de Westminster, un homme identifié comme Khalid Masoud. 

Agé de 52 ans, il serait né dans le Kent et vivait récemment dans les Midlands de l'Ouest, le comté de Birmingham, au nord-ouest de Londres, selon Scotland Yard. Il ne faisait l'objet d'aucune enquête actuellement, mais avait déjà été reconnu coupable de détention et port d'armes, coups et blessures volontaires graves et offenses à l'ordre public.

Un attentat revendiqué

L’Etat islamique a revendiqué l’attentat de Westminster ce jeudi peu après 13h15, heure suisse, via son organe de communication Amaq, sur le système de messagerie Telegram. «L’auteur de l’attaque en face du parlement britannique à Londres est un soldat de l’EI et l’opération a été menée en réponse à l’appel à frapper les pays de la coalition» internationale anti-djihadistes, a indiqué Amaq. C’est la première fois que l’EI revendique une attaque en Grande-Bretagne, pays membre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Le style de l’attaque, à la voiture bélier et au couteau, ressemble à ce que prône l’Etat islamique, notait dès mercredi la directrice de SITE, ce site américain qui traque le djihad sur les réseaux.

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L’auteur de l’attentat de Londres était connu des services de sécurité

L’attaquant: né sur sol britannique, déjà interrogé par les services de sécurité

«Mes pensées, mes prières et ma plus profonde sympathie sont avec tous ceux qui sont affectés par l’attentat de Westminster», a fait savoir ce matin la reine Elisabeth II.

Le discours de la première ministre Theresa May devant le parlement était aussi très attendu. Elle a confirmé que la police sait qui est l’auteur de l’attaque, qu’il est né sur sol britannique et qu’il avait déjà été interrogé par les services du MI5 dans le cadre d’une possible radicalisation, «il y a quelques années. Mais c’était un personnage de 2e plan.» Aucun nom n’est donné, et aucun renseignement permettant de l’identifier.

Huit arrestations

Huit personnes finalement ont été arrêtées lors d’une série de raids qui ont mobilisé plusieurs centaines de policiers la nuit dernière, a annoncé ce jeudi matin Scotland Yard. Les arrestations ont eu lieu à six adresses différentes, à Londres et Birmingham (centre de l’Angleterre), mais aussi ailleurs dans le pays.

Pourquoi Birmingham est montrée du doigt

Selon la BBC, la voiture utilisée par l’assaillant pour faucher les piétons sur le pont de Westminster, un 4x4 Hyundai, a été louée à Birmingham.

Des liens avec les attentats de Bruxelles et Paris

La deuxième ville du Royaume-Uni est un fief historique des islamistes britanniques. Mohamed Abrini, «l’homme au chapeau» des attentats de Bruxelles l’an dernier et suspect clé des tueries de Paris en novembre 2015, y avait séjourné l’été précédant ces attaques. Le Belgo-Marocain arrêté le 8 avril 2016, dans la commune d’Anderlecht en Belgique, est toujours en prison en Belgique.

L’examen du téléphone de Abdelhamid Abaoud, un des auteurs des attentats de Paris et probablement leur organisateur, a à l’époque révélé une série de coups de téléphone vers et venant de Grande-Bretagne, passés dans les semaines avant les attentats du 13 novembre 2015. Son téléphone contenait aussi des photos de cibles potentielles à Londres et à Birmingham. Abdelhamid Abaoud est mort lors de l’assaut de la police à Saint-Denis, le 18 novembre 2015.

«Il n’y a pas de plan qui vise l’Angleterre, avait lors d’un interrogatoire déclaré Mohamed Abrini, cité par l’AFP, c’est la France qui est l’ennemi déclaré de l’Etat islamique […]. L’Angleterre a de meilleurs services secrets et elle est plus difficile à attaquer […].» Reconnaissant qu’il s’était rendu en Grande-Bretagne, il avait déclaré que c’était pour y jouer au casino.

Le bilan humain

Le bilan de quatre morts sans compter l’assaillant a été revu à la baisse ce jeudi matin, passant à trois morts:

- une femme d’une quarantaine d’années a été tuée sur le pont de Westminster, quand la voiture de l’auteur de l’attaque a foncé dans la foule. Selon la presse espagnole, il s’agit d’une enseignante de nationalité britannique et aux origines espagnoles. Elle avait deux enfants de 7 et 9 ans, toujours selon les médias espagnols.

- la seconde victime a aussi été fauchée sur le pont de Westminster. Il s’agit d’un homme d’une cinquantaine d’années, selon Scotland Yard. On n’en sait pas plus pour l’instant.

- le troisième mort est le Police Constable Keith Palmer, 48 ans. C’est lui qui était stationné devant l’une des entrées du parlement de Westminster quand l’agresseur qui venait d’abandonner sa voiture contre les grilles de l’édifice a tenté de forcer le passage. Il a été frappé de plusieurs coups de couteau.

Une quarantaine de personnes ont aussi été blessées, dont sept ont été hospitalisées dans un état critique.

Enquête ouverte en France aussi

La section antiterroriste du parquet de Paris a également ouvert une enquête pour «tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste». Trois lycéens français figurent parmi les blessés. En voyage de classe, ces adolescents du Lycée Saint-Joseph de Concarneau (ouest) ont été fauchés par la voiture sur le pont de Westminster. Leur vie n’est pas menacée, mais deux d’entre eux sont dans un état grave.