Munich

La police privilégie la piste du forcené dépressif 

La police établit un lien entre l'agression de vendredi soir à Munich et l'attentat commis par Anders Breivik exactement cinq ans auparavant. L'homme qui a tué 10 personnes dans un centre commercial de Munich est un Germano-Iranien. Trois Turcs et trois Kosovars parmi les victimes

L'auteur de la fusillade de Munich n'a aucun lien avec le groupe Etat islamique (EI), a affirmé samedi la police bavaroise. Celle-ci penche pour la piste d'un forcené souffrant de dépression.Les enquêteurs établissent un lien avec l'attentat d'Anders Breivik en Norvège, lequel avait fait 77 victimes. Il a en effet été commis exactement cinq ans auparavant, note la Frankfuter Allgemeine Zeitung. 

Le bilan de l'attaque a été revu à la hausse et porté à dix morts, dont trois Turcs, trois Kosovars et un Grec, ainsi que 27 blessés, indique l'ATS.

«Nous avons trouvé des éléments montrant qu'il se préoccupait des questions liés aux forcenés» auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a déclaré le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä, samedi à la mi-journée. Le responsable a ajouté qu'aucun lien avec le groupe Etat islamique n'avait été découvert. Il n'y aurait pas davantage de rapport avec le débat sur les réfugiés.

Le jeune homme souffrait de dépression, a dit pour sa part le procureur de Munich Thomas Steinkraus-Koch lors d'une conférence de presse à Munich. «Il s'agit ici d'une maladie, d'une forme de dépression», a-t-il dit.

Le tireur s'est suicidé

Le procureur a invité dans le même temps à se montrer prudent sur les informations selon lesquelles le jeune homme aurait suivi un traitement psychiatrique. Le tireur s'est donné la mort au terme de l'attaque dans l'un des plus grands centres commerciaux de la capitale bavaroise.

L'homme a été identifié comme un Germano-Iranien de 18 ans, qui a grandi en Allemagne. Il a agi seul et n'était pas connu des services de police. Ses motivations sont «totalement non élucidées», avait déclaré le chef de la police locale lors d'une précédente conférence de presse dans la nuit.

Samedi à l'aube, les forces de l'ordre ont effectué une perquisition dans un appartement d'un immeuble au nord du centre-ville. Mais la police n'a pas voulu confirmer qu'il s'agissait du domicile de l'agresseur, selon l'agence allemande DPA.

Cette agression a créé le choc dans le pays, quelques jours après une attaque à la hache dans un train, également en Bavière. A Berlin, la chancelière devrait s'exprimer en début d'après-midi après avoir réuni en milieu de journée ses principaux ministres. Certains ont interrompu leurs vacances après cette fusillade.

 

 

 

Aucun Suisse ne figure parmi les victimes, a précisé samedi matin le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

 

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Samedi à l'aube, les forces de l'ordre ont effectué une perquisition dans un appartement d'un immeuble au nord du centre-ville. Mais la police n'a pas voulu confirmer qu'il s'agissait du domicile de l'agresseur, selon l'agence allemande DPA.

Une voisine, interrogée sur les lieux, a toutefois affirmé connaître le jeune homme, «une bonne personne (...) qui riait comme toute personne normale».

«Je ne l'ai jamais vu en colère, je n'ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins», a témoigné Delfye Dalbi, 40 ans, qui affirme habiter au 1er étage et le jeune homme, fils de chauffeur de taxi, au 5e.

 

«Je suis né dans un quartier de Hartz IV»

Sur une courte vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux vendredi soir peu après la tuerie, un riverain agonit d'injures un homme vêtu de noir, un pistolet à la main. Celui-ci se trouve sur le toit du centre commercial et, selon la police, pourrait bien être l'auteur.

«Sale métèque», lui lance le riverain. Une voix qui pourrait être celle de l'assaillant lui répond: «Je suis Allemand, je suis né ici. Dans un quartier de Hartz IV» - le nom de l'allocation chômage longue durée, synonyme en allemand de quartier défavorisé, avant de lancer un énigmatique: «J'étais en traitement hospitalier».

 

Les transports publics fonctionnent à nouveau

Dans tout le pays, les drapeaux doivent être mis en berne en hommage aux victimes dont on ignore actuellement l'âge ou la nationalité. A Munich, la vie reprenait peu à peu son cours. Temporairement interrompus, les transports en commun ont recommencé à fonctionner samedi matin, notamment.

L'Allemagne reste toutefois sous le choc: cette tuerie est intervenue quatre jours seulement après une attaque à la hache dans un train régional également en Bavière commise par un jeune demandeur d'asile de 17 ans qui a revendiqué son geste au nom du groupe Etat islamique (EI).

«Attaque contre Munich», a titré le quotidien local tz. «Les Munichois ont longtemps pensé qu'ils étaient tranquilles. La peur a grandi après chaque attaque à Paris, Istanbul ou Bruxelles (...). Depuis vendredi, il est clair qu'il ne peut y avoir de sécurité nulle part, même pas dans la ville la plus sûre d'Allemagne», écrit un autre journal local, Abendzeitung.

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