C’est une tradition: les présidents français ne s’épanouissent jamais autant que lorsque le calendrier international les décharge de la petite politique hexagonale. Voire lorsque les crises noircissent l’horizon. Ce fut le cas pour Jacques Chirac disant «non» à George W. Bush et à la guerre en Irak; pour Nicolas Sarkozy lors des événements de Géorgie puis de la crise financière de 2008; pour François Hollande dans la lutte contre le terrorisme.

Statut de puissance nucléaire

Il faut alors faire entendre la voix de la France et tenter de montrer qu’elle est toujours une grande puissance, avec son siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et la possession de l’arme nucléaire. Depuis le début de l’été, Emmanuel Macron est gâté. Il s’est placé en première ligne... et pas seulement pour obtenir aux forceps, avec Angela Merkel, l’accord européen de relance après le Covid-19, le 21 juillet. Le 5 août, au surlendemain des explosions de Beyrouth, il était au Liban pour dire sa solidarité aux habitants et montrer du doigt les dirigeants du pays. «Je ne donnerai pas un chèque en blanc à des systèmes qui n’ont plus la confiance du peuple», proclamait-il en demandant «un ordre politique nouveau». C’est lui qui a ensuite coordonné la visioconférence internationale «de soutien et d’appui à Beyrouth et au peuple libanais».