Etats-Unis

La politique migratoire de Donald Trump essuie un énième revers

Après le recours en justice de douze demandeurs d'asile sous une menace d'expulsion, un juge fédéral a décidé de réouvrir les demandes de droit d'asile aux victimes de violences domestiques et de gangs

Estimant que ces restrictions étaient «arbitraires, capricieuses et en contradiction avec les lois sur l'immigration», le juge Emmet Sullivan du tribunal fédéral de Washington a invalidé la décision du président américain d'exclure du droit d'asile les victimes de violences domestiques et de gangs.

«C'est la volonté du Congrès, pas les lubies de l'administration qui détermine les critères pour les expulsions», a-t-il ajouté dans une décision longue de 108 pages.

Le 11 juin, Jeff Sessions, alors ministre de la Justice, avait annoncé que se présenter comme victime de violences domestiques ou comme cible de gangs criminels ne serait plus suffisant pour déposer une demande d'asile. Le droit «d'asile n'a pas vocation à réparer tous les malheurs», avait-il expliqué.

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Douze demandeurs d'asile originaires d'Amérique centrale - qui se retrouvaient sous la menace d'une expulsion - avaient alors introduit un recours en justice avec le soutien d'organisations de défense des droits des migrants. Le juge Emmet Sullivan leur a donné raison mercredi. Il a suspendu les nouvelles règles et a ordonné de lever les procédures d'expulsion visant les plaignants et d'organiser le retour de ceux ayant déjà été renvoyés dans leur pays.

Dernier mot pour la Cour suprême

En août, il avait déjà fait parler de lui en ordonnant qu'un avion renvoyant chez elles une mère et sa fille partie prenante de la procédure rebrousse chemin. «Que quelqu'un qui cherche à obtenir justice aux Etats-Unis soit expulsé pendant que ses avocats plaident en sa faveur? (...). Je ne suis pas du tout content. C'est inacceptable", avait tonné le magistrat.

Le 20 novembre, un juge californien avait déjà mis son veto à une mesure de l'administration visant à rejeter automatiquement les demandes d'asile déposées par des migrants ayant traversé illégalement la frontière.

La première mesure-phare du président Trump - l'interdiction de voyager aux Etat-Unis pour des ressortissants de certains pays à majorité musulmane - avait elle aussi été bloquée à plusieurs reprises en justice, avant que la Cour suprême ne valide sa dernière version.

Donald Trump, qui critique des magistrats selon lui politisés, a fait de l'immigration clandestine son cheval de bataille et espère que la Cour suprême lui donnera à nouveau le dernier mot.

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