Les autorités polonaises ont averti lundi que des centaines de migrants se dirigeaient vers la frontière polonaise, limite orientale de l’Union européenne, en provenance de Biélorussie. «Informations très inquiétantes de la frontière. Un groupe important de migrants s’est rassemblé en Biélorussie, près de la frontière avec la Pologne. Ils viennent de se diriger vers la frontière de la République de Pologne. Ils essaieront d’entrer en Pologne en masse», a tweeté Stanislaw Zaryn, porte-parole du ministre coordinateur des services spéciaux, en postant des vidéos montrant des centaines de migrants en Biélorussie.

«De nouvelles informations montrent que le groupe est sous le contrôle strict de Biélorusses armés. Ce sont eux qui décident de la direction que prend le groupe», a-t-il indiqué dans un autre tweet. «Les services polonais sont préparés à toutes les éventualités», a tweeté pour sa part Maciej Wasik, vice-ministre de l’Intérieur. Les vidéos, également publiées sur Twitter par l’opposition biélorusse Nexta, montrent des groupes de centaines de personnes, avec des vêtements chauds et des sacs à dos, marchant le long d’une route.

Représailles de Loukachenko

Selon une géolocalisation faite par le service de fact-checking de l’AFP, une des vidéos a été prise près de bâtiments à Bruzgi en Biélorussie, à 1,2 kilomètre de la frontière avec la Pologne. Les panneaux indicateurs le long de la route sont en langue biélorusse. Les gardes-frontières biélorusses ont confirmé dans un communiqué qu'«en ce moment, un grand groupe de réfugiés avec des effets personnels se déplace le long de l’autoroute vers la frontière avec la Pologne».

Lire aussi: Entre Pologne et Biélorussie, des milliers de migrants pris au piège de la forêt

L’UE accuse le président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui le dément, d’avoir orchestré une vague de migrants et de réfugiés, venus principalement du Moyen-Orient pour tenter d’entrer sur le territoire de l’UE, en représailles aux sanctions imposées par Bruxelles à la suite d’une répression brutale de son régime contre l’opposition.

Les migrants et réfugiés indiquent souvent avoir été forcés de traverser la frontière par les fonctionnaires biélorusses et être par la suite repoussés sur le territoire de la Biélorussie par les autorités polonaises. Au moins 10 migrants sont morts jusqu’à présent dans la région, dont sept du côté polonais de la frontière, selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza. La Pologne a envoyé des milliers de soldats à la frontière, appliqué un état d’urgence localement et construit une clôture à lames rasoirs en approuvant la construction d’un mur.