L’essentiel

  • L'Allemagne est prête à autoriser la Pologne à livrer des chars Leopard à l'Ukraine, a affirmé dimanche la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock.
  • L’armée russe progresse en direction de deux villages de la région de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, où les affrontements avec les troupes de Kiev se sont intensifiés cette semaine.
  • A l'issue d'une réunion des soutiens de l'Ukraine à Rammstein, en Allemagne, le ministre allemand de la Défense a déclaré vendredi qu’aucune décision n’avait été prise sur la livraison à Kiev de chars d’assaut Leopard.

Un ex-policier arrêté aux Etats-Unis pour ses liens avec un oligarque russe

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Un ancien haut responsable de la police fédérale a été arrêté samedi aux Etats-Unis en raison de ses affaires troubles avec des acteurs étrangers, dont l’oligarque russe Oleg Deripaska. Charles McGonigal, 54 ans, dirigeait l’unité chargée du contre-espionnage au sein du bureau du FBI à New York avant de prendre sa retraite en 2018, selon un communiqué du ministère de la Justice. Arrêté ce week-end à New York, il est poursuivi dans deux dossiers distincts.

La justice fédérale new-yorkaise lui reproche d’avoir travaillé pour le fondateur du géant de l’aluminium Rusal, bien que ce dernier soit visé depuis 2018 par des sanctions américaines lui interdisant toute relation commerciale avec des Américains. Charles McGonigal, qui avait enquêté sur des oligarques russes quand il était au FBI, est soupçonné d’avoir tenté en 2019 – sans succès – de faire annuler les sanctions contre Oleg Deripaska, puis d’avoir mené en 2021 des investigations sur un de ses rivaux.

Selon l’acte d’inculpation, il a été payé par le biais de sociétés écrans et avait fait affaire via l’entremise d’un intermédiaire. Inculpé de violation des sanctions et blanchiment d’argent, il encourt 20 ans de prison. Il doit comparaître ce lundi devant un juge avec un complice présumé – un ancien diplomate russe naturalisé américain et devenu traducteur assermenté pour le système judiciaire.

L'Estonie et Lettonie expulsent les ambassadeurs russes

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L'Estonie et Lettonie ont annoncé l'expulsion des ambassadeurs russes dans leurs pays respectifs, après la décision similaire prise quelques heures auparavant par Moscou à l'égard de l'ambassadeur estonien.

Le troisième pays balte, la Lituanie avait annoncé en octobre l'expulsion du chargé d'affaires russe, en raison d'actions et de déclarations «incompatibles», après avoir déclaré l'ambassadeur de ce pays «persona non grata» en avril.

«Nous respectons le principe de réciprocité dans les relations avec la Russie», a indiqué dans un tweet le ministère estonien des Affaires étrangères, soulignant que l'ambassadeur russe devrait quitter l'Estonie le même jour que son diplomate, soit le 7 février.

La Lettonie demande à son tour à l’ambassadeur russe de partir

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La Lettonie annonce avoir demandé à l’ambassadeur de Russie de quitter le territoire letton et avoir décidé d’abaisser le niveau de ses relations diplomatiques avec Moscou.

«L’ambassadeur de Russie quittera la Lettonie au plus tard le 24 février 2023. De même, l’ambassadeur de la République de Lettonie en Russie quittera la Russie d’ici le 24 février», indique le ministère letton des Affaires étrangères dans un communiqué, motivant sa décision par la poursuite du conflit en Ukraine et «par la solidarité avec l’Estonie et la Lituanie.»

Le documentaire sur l’Ukraine réalisé par Sean Penn sera projeté à la Berlinale

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L’acteur et réalisateur américain Sean Penn présentera en avant-première son documentaire sur l’invasion russe en Ukraine, lors du festival du film à Berlin. La 73e Berlinale, qui aura lieu du 16 au 26 février, braquera cette fois-ci les projecteurs sur la guerre en Ukraine.

«Superpower» (ou «superpuissance» en français), présenté comme «la chronique d’un projet que la réalité a forcé à se transformer en quelque chose de moins contrôlable mais de plus significatif», sera le plus important des films ukrainiens présentés au festival. Sean Penn était à Kiev pour réaliser un documentaire fin février 2022, quand la guerre a commencé.

L’acteur aux deux Oscars – pour «Harvey Milk» et «Mystic River» – a été photographié lors d’une conférence de presse du gouvernement ukrainien à Kiev. On l’a vu également avec Volodymyr Zelensky sur une vidéo postée sur le compte Instagram du président ukrainien.

L’UE accorde 500 millions d’euros supplémentaires

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L’Union européenne accorde un nouveau financement de 500 millions d’euros pour des fournitures d’armements à l’Ukraine et a décidé d’allouer 45 millions d’euros pour la formation des militaires ukrainiens dans l’UE.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Bruxelles ont accepté de débloquer ces deux allocations financées par la Facilité européenne pour la paix, à l’issue d’un entretien en visioconférence avec leur homologue ukrainien Dmytro Kouleba.

A Moscou, des Russes continuent d’alimenter un mémorial improvisé aux victimes en Ukraine

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Des Russes continuaient, malgré la répression, de déposer des fleurs sur un mémorial improvisé pour les victimes du bombardement meurtrier d’un immeuble à Dnipro, en Ukraine, il y a neuf jours. Depuis cette frappe qui a fait 46 morts, imputée aux forces russes par Kiev, des Russes sont venus déposer fleurs, photographies et messages au pied de la statue d’une poétesse ukrainienne, Lessia Oukraïnka, aménageant ainsi un mémorial de fortune aux victimes dans la capitale russe.

La police a nettoyé le monument à plusieurs reprises et procédé à des arrestations, mais les hommages se sont poursuivis. Ce matin encore, une femme a déposé des fleurs sous les yeux de policiers. «Je veux exprimer ma sympathie, présenter mes condoléances aux personnes qui souffrent», a-t-elle expliqué.

Un guide touristique de 40 ans, est lui resté devant le monument pendant plusieurs minutes en enlevant son chapeau. «Je suis les informations. Et dès que j’ai vu les photos montrant que des fleurs étaient apportées au mémorial il y a une semaine, j’ai décidé d’y aller», dit-il. Il dit avoir «beaucoup d’amis» en Ukraine et qu’il est «important pour eux de savoir qu’il y a de la sympathie, qu’il y a une sorte de protestation contre ce cauchemar.»

Les manifestations publiques contre la guerre en cours en Ukraine sont très rares en Russie, dans un contexte de répression tous azimuts. Critiquer l’armée russe est passible de prison ferme. Selon l’ONG OVD-Info, près de 20 000 personnes ont été interpellées en Russie lors de rassemblements contre l’invasion de l’Ukraine, depuis le 24 février 2022.

L’Afrique du Sud se dit «amie» de la Russie

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L’Afrique du Sud, critiquée pour sa position «neutre» refusant de condamner Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine, a franchi un nouveau cap en se disant «amie» de la Russie, lors d’une rencontre entre les chefs de la diplomatie des deux pays à Pretoria. Le pays d’Afrique australe a récemment annoncé qu’il accueillerait en février les marines russe et chinoise pour des manœuvres communes au large de ses côtes et «renforcer des relations déjà florissantes.»

«Tous les pays effectuent des exercices militaires avec leurs amis», a déclaré la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Naledi Pandor, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov. La ministre a salué «une rencontre des plus agréables» avec un «partenaire précieux.» Les exercices navals à venir «reflètent une volonté de développer la coopération militaire», a de son côté souligné Sergueï Lavrov.

Plus de 350 militaires sud-africains participeront à ces manœuvres communes, prévues du 17 au 27 février. La Russie «ne refuse pas les négociations avec l’Ukraine», a par ailleurs déclaré Sergueï Lavrov. «Mais ceux qui refusent doivent comprendre que plus longtemps ils refusent, plus il sera difficile de trouver une solution.» Moscou s’est dit plusieurs fois prêt à un «dialogue sérieux» avec l’Ukraine à condition que celle-ci accepte l’annexion de plusieurs territoires, mais Kiev réclame un retrait total des forces russes avant tout dialogue.

Un déserteur de Wagner arrêté par la police

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Un ex-mercenaire du groupe paramilitaire russe Wagner qui s’est enfui en Norvège il y a une dizaine de jours a été arrêté par la police norvégienne en vertu de la loi sur l’immigration, annonce les autorités. L’intéressé a déposé une demande d’asile et se dit prêt à témoigner sur les crimes de guerre. «On réfléchit à son internement» dans «un camp pour étrangers illégaux», a indiqué Jon Andreas Johansen, un responsable de la police chargée des affaires d’immigration. La police n’a pas voulu préciser les raisons exactes de son arrestation ni fournir plus de commentaires.

Andreï Medvedev, 26 ans, avait franchi la frontière russo-norvégienne dans le Grand Nord dans la nuit du 12 au 13 janvier et demandé asile au pays scandinave, se disant prêt selon son avocat à «parler de son expérience au sein du groupe Wagner aux gens qui enquêtent sur des crimes de guerre.» L’homme dit avoir combattu en Ukraine sous l’uniforme de Wagner pendant quatre mois avant de déserter en novembre quand l’organisation paramilitaire dirigée par l’homme d’affaires Evguéni Prigojine.

Nombre d’experts estiment que cet homme n’a pu franchir la frontière hautement gardée sans assistance. Lui-même assure avoir franchi clandestinement à pied la Pasvik, rivière actuellement gelée qui marque la frontière russo-norvégienne, sous les balles de gardes russes lancés à ses trousses avec des chiens.

L’Estonie expulse à son tour l’ambassadeur russe

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L’Estonie va expulser l’ambassadeur russe, par mesure de réciprocité après la décision similaire prise quelques heures auparavant par Moscou à l’égard de l’ambassadeur estonien, selon un communiqué officiel.

«Nous respectons le principe de réciprocité dans les relations avec la Russie» a indiqué lundi dans un tweet le ministère estonien des Affaires étrangères, soulignant que l’ambassadeur russe devra quitter l’Estonie le même jour que son diplomate la Russie, soit le 7 février.

La Russie expulse l’ambassadeur estonien et dénonce la «russophobie»

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La Russie a annoncé lundi l’expulsion de l’ambassadeur estonien, dénonçant la «russophobie totale» de Tallinn, après l’expulsion plus tôt en janvier de 21 diplomates russes et autres employés de l’ambassade russe.

Russes et Occidentaux ont multiplié les expulsions de diplomates ces dernières années, et plus encore depuis que les forces russes ont lancé leur assaut contre l’Ukraine le 24 février 2022. Mais c’est la première fois qu’un ambassadeur est renvoyé dans son pays depuis le début de cette offensive. «L’ambassadeur de la République d’Estonie doit quitter la Russie le 7 février 2023», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué selon lequel le niveau des relations diplomatiques est abaissé à celui des chargés d’affaires.

«Ces dernières années, les dirigeants estoniens ont délibérément détruit l’ensemble des relations avec la Russie. La russophobie totale et la culture de l’hostilité envers notre pays ont été élevées par Tallinn au rang de politique d’Etat», a-t-il poursuivi.

Selon Moscou, l’expulsion des diplomates russes annoncée le 11 janvier par l’Estonie a confirmé «la politique de destruction des relations» entre les deux pays. «L’entière responsabilité du développement de cette situation dans les relations entre la Russie et l’Estonie incombe à la partie estonienne. Nous continuerons à réagir aux mesures hostiles prises par les dirigeants estoniens», a encore indiqué le ministère russe.

La Pologne va demander l’accord de Berlin

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La Pologne va demander à Berlin son accord pour livrer des chars Leopard à l’Ukraine, indique le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, cité par les agences de presse.

Le ministre a toutefois ajouté: «Nous allons demander un tel accord mais c’est une question secondaire. Même si nous n’obtenons pas leur accord, nous donnerons nos chars à l’Ukraine». Il veut rappeler que son pays cherchait à créer une «coalition» de pays prêts à livrer des chars aux Ukrainiens.

Un responsable russe s'affiche à Soledar

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Une visite à forte intention politique: dimanche soir, Denis Pouchiline, un dirigeant de l’occupation russe de l’est de l’Ukraine, s’est affiché à Soledar, ville dont Moscou a revendiqué la capture il y a plus d’une semaine, et dont Kiev n’a jusqu’ici pas reconnu la perte.

«J’ai visité Soledar […] Il fallait comprendre s’il y avait nécessité d’y déployer des points d’aide humanitaire», a indiqué dimanche soir M. Pouchiline sur Telegram, accompagnant son message d’une vidéo le montrant au milieu d’immeubles à la façade noircie et aux vitres soufflées. Selon Denis Pouchiline, «il reste très peu d’habitants» dans cette ville de quelque 11 000 âmes avant la guerre, située au nord de Bakhmout.

La capture de Soledar avait été annoncée le 13 janvier par l’armée russe, qui a, fait rare, reconnu le rôle déterminant des mercenaires du groupe Wagner dans cette bataille.

Notre reportage: Dans l'horreur de Soledar, des Russes se déguisent en Ukrainiens pour mieux tuer

Livraison de chars à Kiev: le chancelier allemand Scholz pressé d’agir par sa cheffe de la diplomatie

L’Allemagne serait prête à autoriser la Pologne à livrer des chars Leopard à l’Ukraine, qui les réclame avec insistance, a affirmé dimanche la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock. Elle renforce ainsi la pression sur le chancelier Olaf Scholz, toujours réticent à se prononcer sur la question. Il faut dire que «vu d’Ukraine», selon Courrier international – mais aussi beaucoup d’ailleurs – ces fameux chars ont semé «la zizanie au sommet de Ramstein».

Notre revue de presse à lire: ici

L'Allemagne ne devrait pas s'opposer à la livraison de chars Leopard

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L’Allemagne ne «s’opposera pas» à la volonté de la Pologne de livrer des chars Leopard à l’Ukraine, qui les réclame avec insistance, si Varsovie en demande l’autorisation, a déclaré dimanche soir la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock.

«Si on nous posait la question, nous ne nous y opposerions pas», a déclaré la ministre du parti des Verts, qui gouverne en coalition avec les sociaux-démocrates d’Olaf Scholz. «Pour l’instant, la question n’a pas été posée» par la Pologne, tenue de faire une demande officielle à Berlin, a précisé la ministre, interviewée sur la chaîne française LCI.

A ce propos: L’affaire des Leopard prend une tournure politique en Allemagne

A venir en milieu de matinée, notre revue de presse sur ce sujet.

Zelensky promet de s’attaquer à la corruption

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré dimanche qu’il allait prendre des mesures cette semaine pour lutter la corruption, rapporte Reuters. Ce problème, chronique en Ukraine, est passé au second plan depuis l’invasion russe. Selon l’agence, cette annonce intervient dans un context «d’allégations de corruption au plus haut niveau», notamment «sur des pratiques douteuses dans la passation de marchés militaires».

«Je veux que cela soit clair: il n’y aura pas de retour à ce qui existait dans le passé, à la façon dont vivaient diverses personnes proches des institutions de l’État ou celles qui ont passé toute leur vie à courir après une chaise», a dit Volodymyr Zelenskiy dans son allocution vidéo quotidienne. «Cette semaine sera le moment de prendre les décisions appropriées», a-t-il ajouté