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Un homme transporte quelques affaires sur un véhicule dans la région de Deraa, en Syrie.
© ALAA AL-FAQIR/REUTERS

Syrie

La population prise au piège à Deraa

La Russie avait conclu un accord avec les Etats-Unis à propos de cette province du sud. Elle l’a fait voler en pièces

La province devait prouver qu’une certaine entente restait possible par-dessus la Syrie. Mais cela fait désormais partie du passé: depuis une semaine, les forces syriennes sont en train de progresser militairement et de réduire en cendres la province de Deraa, dans le sud du pays. Plus significatif encore: alors que Deraa avait été épargnée ces derniers mois par un accord conclu entre la Russie, les Etats-Unis et la Jordanie, Moscou a décidé de réduire cet accord en cendres, lui aussi, en faisant participer pleinement son aviation à l’assaut.

C’est à Deraa, ville syrienne traditionnellement frondeuse, que la révolution syrienne avait débuté, en 2011. «C’est ici qu’elle se terminera», disent en substance les commentaires des pilotes des hélicoptères syriens, retransmis sur les réseaux sociaux. Les hôpitaux ont commencé à être pris pour cible, note l’UOSSM, une organisation qui coordonne l’aide médicale dans les zones qui échappent encore au contrôle du régime syrien. La population fuit en masse, et l’ONU évoque déjà la présence de quelque 50 000 personnes, privées d’eau et de nourriture, lancées sur les routes pour tenter d’échapper aux bombes. Pour eux, toutes les issues sont bloquées, dans cette région qui s’étend entre le Golan occupé par Israël d’un côté, et la Jordanie de l’autre.

Messages contradictoires

C’était en grande partie pour éviter un nouvel afflux de réfugiés en Jordanie, et une plus grande déstabilisation de ce pays, que les Etats-Unis avaient conclu l’accord de «désescalade» avec la Russie, à la suite d’une rencontre qui avait eu lieu il y a un an, entre Donald Trump et Vladimir Poutine, en marge d’une réunion du G20. A présent, tandis que semble s’approcher un nouveau sommet entre les deux chefs d’Etat, Washington donne des signes pour le moins contradictoires face à la décision russe de mettre fin à cette «désescalade».

La semaine dernière, les Etats-Unis mettaient en garde Moscou contre les «sérieuses répercussions» qu’allaient engendrer ses actions. Mais deux jours plus tard, ce sont les groupes syriens armés du Front du Sud, que soutient Washington, qui étaient prévenus: il n’y aura pas «d’intervention militaire américaine», leur faisait savoir l’administration Trump. Un message qui a été interprété comme une exhortation à la reddition.

Avancée des milices iraniennes

Alors que la Jordanie accueille plus d’un million de réfugiés syriens (1,3 million selon les chiffres officiels), ce pays a clairement annoncé son intention de garder sa frontière verrouillée. Quant à Israël, il s’est surtout montré préoccupé par une avancée, à sa frontière, des milices iraniennes alliées à l’armée syrienne et à la Russie. Israël a-t-il reçu des garanties en ce sens? Nul ne le sait, mais une chose est sûre: certaines de ces milices iraniennes fanfaronnent ouvertement, en affichant les «preuves» de leur présence sur le terrain aux côtés des assaillants. Lundi, des missiles sont tombés à proximité de l’aéroport de Damas, touchant semble-t-il des armes acheminées par l’Iran. Cette attaque a été attribuée à Israël par Damas.

«Nous demandons aux parties combattantes, de même qu’aux pays voisins, de permettre aux civils de se mettre en sécurité», implorait mercredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Dans le même temps, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les forces alliées au régime syrien auraient commencé à «filtrer» les déplacés qui tentent de passer les lignes de front et de rejoindre les territoires contrôlés par l’armée syrienne et les milices. Ces derniers jours, il était demandé à ces déplacés une somme pouvant aller jusqu’à l’équivalent de 500 francs suisses pour qu’ils puissent se mettre à l’abri.

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