C'est un travail de titan auquel s'attelle le nouveau président du parti populiste Liste Pim Fortuyn. Editeur de revues motocyclistes, Harry Wijnschenk, 38 ans, va devoir remonter ses manches devant la perte de crédibilité du mouvement politique dont il prend les rênes le 1er septembre. Les sondages sont en effet sans appel: seuls 29% des électeurs ayant voté pour le LPF lors des législatives de mai dernier feraient le même choix politique aujourd'hui. Et la situation se dégrade, puisque voilà quelques semaines, ils étaient encore 42% à approuver le LPF. Toujours est-il que si des élections avaient lieu aujourd'hui, le parti populiste perdrait 11 sièges à la Chambre.

Dans ces conditions, l'ambition de Harry Wijnschenk de «faire du LPF le plus important parti politique de la décennie» relève du pari. Effectivement, pour remonter la pente, le nouveau leader va devoir faire oublier cette série d'incartades commises depuis l'arrivée au gouvernement de ce parti politique «hors normes». Comme ce premier scandale sur le passé de militante d'extrême droite de la «fortuyniste» Philomena Bijhout, fraîchement émoulue secrétaire d'Etat à la famille. Elle a dû démissionner. Autre bévue, cette chasse aux sorcières du populiste Eduard Bomhoff qui, de son nouveau fauteuil de ministre de la Santé, a voulu d'emblée écarter un des directeurs généraux de son cabinet qui le gênait, alors que le fonctionnaire «viré» s'avérait l'architecte d'une réforme souhaitée par le premier ministre. Puis de nouveau les caméras se sont braquées sur le LPF avec les bisbilles entre le secrétaire d'Etat LPF chargé de l'ordre public et de la sécurité avec le ministre de l'Intérieur à propos du calcul de ses indemnités et de ses prestations.

Quant au parti lui-même, il connaît crise sur crise depuis l'assassinat de son chef charismatique en mai dernier. A commencer par cette fracture ouverte entre la fraction parlementaire du LPF et son comité central deux mois après les élections et qui ne s'est résolue qu'avec le départ d'un certain nombre d'«apparatchiks» du LPF. Puis ces cafouillages sur la distribution des fauteuils ministériels.

Ces écarts de conduite qui ont récemment émaillé la vie politique néerlandaise ont fini par laminer l'image du LPF dans l'opinion publique. Fragilisée par ce parti iconoclaste, la coalition gouvernementale n'arrivera pas à son terme, estime désormais une bonne partie des Néerlandais.