Italie

Pour le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, «Mare Nostrum ne suffira pas»

Le sauvetage en mer est une des solutions, mais il faut aussi agir en amont

«Mare Nostrum ne suffit pas»

Pour le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à Genève, Adrian Edwards, il faut impérativement accroître les moyens de sauvetage en mer.

Le Temps: Pourquoi les naufrages se multiplient-ils?

Adrian Edwards: La tendance générale est très inquiétante: de plus en plus de réfugiés et de déplacés. Pour échapper à leur sort, ils prennent des risques considérables. Avant, la Méditerranée était surtout une route de migration. Mais désormais, en raison de l’instabilité et des guerres, la part de réfugiés parmi les candidats à la traversée est de plus en plus importante. Aujourd’hui, les Syriens, les Somaliens et les Erythréens représentent plus de la moitié des désespérés qui embarquent pour traverser la Méditerranée. En plus, la faiblesse de l’Etat de droit en Libye a permis aux passeurs de développer leurs activités illégales, qui sont extrêmement lucratives.

– N’est-ce pas en Libye que les efforts devraient être concentrés?

– Oui, mais c’est impossible en raison des conditions de sécurité qui ne permettent pas aux organisations internationales d’y développer des programmes d’assistance. La présence du HCR y a d’ailleurs été fortement réduite. Par ailleurs, ce serait au gouvernement libyen d’œuvrer pour empêcher le transit des clandestins par son territoire.

– Que peut faire l’Europe? – A un niveau global, les Etats doivent lutter contre l’instabilité politique et contribuer à la paix au Proche-Orient. Mais entre-temps, il faut absolument sauver les vies de ceux qui tentent la traversée de la Méditerranée. Et pour cela, il faut déployer des moyens supplémentaires de secours en mer car, on le voit, les moyens dont dispose l’opération Triton ne sont pas à la mesure de la situation. Restaurer Mare Nostrum ne suffira pas. Malgré ses moyens, ce programme qui était en vigueur jusqu’en automne dernier n’a pas permis d’éviter des milliers de noyades. Il faut développer une alternative sûre et légale pour permettre aux réfugiés de se rendre en Europe sans risquer leur vie.

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