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Des militants de «Nuit debout», à Rennes, le 5 avril 2016.
© JEAN-FRANCOIS MONIER

France

Le portrait d’une contestation bigarrée

Les meneurs du mouvement «Nuit Debout» sont souvent des activistes chevronnés

Deux noms émergent de la liste des meneurs de la contestation lycéenne et étudiante qui semble essaimer dans toute la France et pourrait connaître un point d’orgue samedi prochain, lors de la nouvelle journée de mobilisation nationale anti-loi «travail»: ceux de Zoïa Guschlbauer et William Martinet.

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La première, lycéenne parisienne de 17 ans, a été élue en 2014 présidente de la Fédération indépendante et démocratique Lycéenne (FIDL), après avoir tenu le journal de son association. Son profil est très similaire, quarante ans après l’épopée de SOS Racisme dans les années 80, à celle des meneurs du mouvement de l’époque: ses premiers mots d’ordre ont été la lutte contre l’extrême droite et les discriminations raciales.

Mais au-delà du projet de loi El Khomri, dont elle réclame «le retrait pur et simple», l’intéressée a présenté des demandes pour une meilleure prise en charge des décrocheurs scolaires, et pour un plan anti-précarité pour les jeunes embauchés. «Nous payons une crise dont nous ne sommes pas responsables» assène-t-elle à chacun des rassemblements des «Nuit Debout», où elle retrouve souvent Ophélie Latil, l’égérie du mouvement, animatrice du collectif «Génération précaire» fondé en 2005, pour lutter contre la prolifération des stages non payés et contre le Contrat première embauche (CPE) abandonné ensuite par le premier ministre d’alors, Dominique de Villepin.

Un collectif centralise les initiatives en province

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Le second est l’incontournable président du syndicat étudiant UNEF. Agé de 27 ans, ce fils d’un couple d’infirmiers, scolarisé à Versailles, a été l’un des premiers signataires du texte «Loi travail, non merci» et il fait office d’interlocuteur privilégié du premier ministre Manuel Valls, même si leurs rencontres n’ont jusque-là abouti sur aucun compromis. William Martinet est toutefois moins présent dans les collectifs «Nuit Debout», dont le cinéaste-journaliste François Rufin, détracteur des pratiques sociales des grands groupes industriels français et réalisateur de «Merci Patron», est l’un des animateurs.

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En province, les initiatives sont centralisées par le collectif «On vaut mieux que ça» qui anime un site internet du même nom pour «libérer la parole sur des problèmes de société». Les initiatives les plus en pointe ont eu lieu jusque-là autour des universités d’Aix-Marseille, Nantes, Rennes et Toulouse. Les réseaux qui se mobilisent ne sont toutefois pas nouveaux. Y figurent beaucoup d’anciens d’Attac, le mouvement altermondialiste, ou de syndicalistes enseignants. Plus de 200 lycées avaient dû fermer le 31 mars en raison de professeurs en grève. Les jeunes en colère ont à leur côté, presque partout, des vétérans des luttes sociales.

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