Des pourparlers sous haute tension entre Russes et Américains ont commencé lundi à Genève, sur fond de craintes d’une invasion de l’Ukraine par Moscou qui réclame une limitation de l’influence occidentale à ses frontières. Cette réunion qui a débuté à 8h55 à la représentation américaine dans la ville suisse se tient entre les vice-ministres des Affaires étrangères des deux pays – la secrétaire d’Etat adjointe Wendy Sherman et le vice-ministre russe Sergueï Riabkov, a indiqué un porte-parole du département d’Etat américain.

La délégation russe était arrivée peu après 8h30 en voiture, après la délégation américaine, sous étroite surveillance policière. Située dans le quartier international de Genève, la Représentation des Etats-Unis se situe à quelques centaines de mètres de la Représentation russe, non loin du siège de l’ONU.

Pour en savoir plus

C’est la troisième fois que Wendy Sherman et Sergueï Riabkov se rencontrent à Genève depuis la rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Joe Biden en juin 2021 au bord du Léman. Ils se sont rencontrés une première fois le 28 juillet à la Représentation permanente des Etats-Unis, avant de se retrouver le 30 septembre, à la Représentation russe.

Discussions à Bruxelles et à Vienne

Cette troisième rencontre lance une semaine diplomatique intense pour notamment tenter de désamorcer la crise explosive qui se joue autour de l’Ukraine. «La discussion a été compliquée, elle ne pouvait pas être simple», a dit Sergueï Riabkov, cité par l’agence Interfax, après un dîner de travail de deux heures dimanche soir à Genève avec Wendy Sherman. Des conférences de presse sont prévues en fin d’après-midi.

Les Etats-Unis et la Russie se sont fermement positionnés avant ces négociations. Washington a prévenu d’un risque de «confrontation» et Moscou a exclu toute concession. Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a pressé la Russie d’éviter une nouvelle «agression de l’Ukraine» et de choisir la voie diplomatique, tandis que le Kremlin, sous pression pour retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, demande aux Occidentaux des garanties sur la sécurité en Europe, dont celle que l’Otan ne s’étendra pas plus à l’Est. Outre les discussions américano-russes en Suisse lundi, une réunion OTAN-Russie est prévue mercredi à Bruxelles, puis une rencontre jeudi à Vienne de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), pour inclure les Européens, qui redoutent d’être marginalisés.

Les Occidentaux et Kiev accusent les Russes d’avoir massé près de 100 000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d’une potentielle invasion, et ont menacé Vladimir Poutine de sanctions «massives» et sans précédent s’il attaquait à nouveau l’Ukraine. Ces sanctions pourraient aller jusqu’à couper la Russie des rouages de la finance mondiale ou empêcher l’entrée en fonction du gazoduc Nord Stream 2 cher au Kremlin.