Le Temps: Comment envisagez-vous les pourparlers de Genève

qui démarreront mercredi?

Maxim Gundjia: Nous avons reçu une lettre et le programme. Et notre délégation, conduite par notre ministre des Affaires étrangères, est déjà en route pour Genève, où elle arrivera mardi. Nous savons que la Géorgie s'oppose à notre présence. Mais c'est irréaliste. Quel que soit le format des pourparlers, nous demandons à être représentés au même niveau que les Géorgiens. Nous n'accepterons ni un strapontin, ni une chaise au sein de la délégation russe. L'Abkhazie est une partie au conflit. Sans nous, ces pourparlers sont inutiles.

- Coordonnez-vous votre action avec l'Ossétie du Sud?

- Nous sommes en contact, mais nous n'avons pas de position commune. Je sais que les autorités de Tskhinvali enverront une délégation et demandent aussi de participer à part entière. Mais notre but ultime diffère: l'Ossétie du Sud, à terme, veut être réunie avec l'Ossétie du Nord et rejoindre la Fédération de Russie. Telle n'est pas notre intention.

- Qu'allez-vous dire à Genève si la porte s'ouvre?

- L'agenda de ces pourparlers n'est pas encore clair et je préfère parler d'un processus, susceptible de durer des mois, voire des années. Notre demande prioritaire est d'obtenir de la Géorgie des garanties claires de paix et de non reprise des hostilités. Ce qui passe, entre autre, par une démilitarisation de la région. Pour le reste, l'avenir me paraît assez clair quand j'entends les Européens justifier l'indépendance du Kosovo. Tous disent qu'il n'y avait plus d'autre voie pour sortir de l'impasse avec la Serbie. Et bien, c'est la même chose entre l'Abkhazie et la Géorgie.

- Tbilissi vous accuse de persécuter les Géorgiens en Abkhazie. Que répondez-vous?

- Ils ont toujours dit cela. Mais venez et jugez par vous-même. Sur tous les chantiers de construction, des ouvriers géorgiens travaillent. Ceux qui se sont intégrés n'ont pas de problèmes. Il ne faut pas croire toutes les allégations.