■ L’Amérique vent debout. «L’Ukraine se bat actuellement pour sa survie», a affirmé vendredi le vice-président américain Joe Biden, en accusant la Russie «d’escalade» dans le conflit et le président Vladimir Poutine «d’ignorer tous les accords signés». «La Russie continue à mener une escalade du conflit en envoyant des mercenaires et des chars», a affirmé M. Biden avant une rencontre à Bruxelles avec le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk. Il a évoqué les «petits hommes verts, sans insigne, des soldats d’opérations spéciales très sophistiqués».

«Le président Poutine continue d’appeler à de nouveaux plans de paix alors que ses troupes déferlent en Ukraine, et il ignore totalement chacun des accords signés par son pays, y compris les accords» de paix de Minsk, a-t-il accusé.Dénonçant cet «assaut», M. Biden a assuré qu’il ne fallait «pas permettre à la Russie de redessiner la carte de l’Europe».

■ L’Allemagne et la France décidées. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que l’initiative franco-allemande pour tenter de trouver une solution à la crise ukrainienne visait à défendre «la paix européenne», lors d’un point de presse vendredi à Berlin.

«Il s’agit de s’engager pour nos intérêts, les intérêts franco-allemands mais aussi ceux de l’Europe (...) il s’agit de la paix européenne», a déclaré Mme Merkel, de retour à Berlin entre son voyage de jeudi à Kiev et un départ imminent pour Moscou où elle devait évoquer le dossier ukrainien avec le président russe Vladimir Poutine, au côté du président français François Hollande.

Angela Merkel a tenu à «affirmer clairement» qu’elle ne comptait pas «aborder je ne sais quelle question territoriale» alors qu’un journal allemand, déjà démenti par Berlin, avait affirmé la veille que le plan franco-allemand contenait des concessions territoriales aux séparatistes pro-russes, en contrepartie d’un cessez-le-feu immédiat. «C’est la responsabilité de chaque pays de mener ce type de négociations», a-t-elle ajouté.

Le président français François Hollande a de son côté déclaré vendredi qu’il allait à Moscou rencontrer le président Vladimir Poutine avec Mme Merkel pour «chercher un accord» en vue de résoudre la crise en Ukraine. «Chacun est conscient que le premier pas doit être le cessez-le-feu mais qu’il ne peut pas suffire et qu’il faut aller chercher un règlement global», a précisé le président français à la presse avant de s’envoler pour Moscou.

Jeudi soir à Kiev, il avait rencontré le président ukrainien Petro Porochenko pendant plusieurs heures avec la chancelière.

L’initiative de paix franco-allemande, soutenue par Washington et par l’Union européenne, a tout de la médiation de la dernière chance au terme de 10 mois d’un conflit qui a fait plus de 5.300 morts et a provoqué une crise internationale rappelant les crispations Est-Ouest de la Guerre froide.