Syrie

Poutine et Obama réclament ensemble l’arrêt des combats en Syrie

Les deux dirigeants réunis en marge du G20 affirment avoir trouvé «de nombreux points d’accord» pour régler la crise syrienne, malgré leurs divergences perceptibles. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit discuter ce mardi de l’avenir du plan Annan et des observateurs, pour l’instant suspendus. Sur place, les pilonnages de l’armée ont fait 94 morts hier, dont les deux tiers de civils

L’armée syrienne a pilonné lundi plusieurs villes des régions de Homs (centre) et de Damas, tandis que le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine ont appelé ensemble, malgré leurs divisions sur la crise en Syrie, à un «arrêt immédiat des violences».

Alors que le plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan est dans l’impasse, le Conseil de sécurité de l’ONU doit discuter mardi de ce plan et de l’avenir de sa mission d’observation en Syrie, selon des diplomates.

«Afin de mettre un terme à l’effusion de sang en Syrie, nous appelons à un arrêt immédiat de la violence», ont déclaré en marge du sommet du G20 à Los Cabos (Mexique) M. Poutine, ferme soutien du régime syrien, et M. Obama, dont le pays appelle au départ de Bachar el-Assad, dans un communiqué commun.

Ils se sont dits en outre «unis dans l’idée que le peuple syrien devrait pouvoir choisir son avenir de façon indépendante et démocratique».

M. Poutine a en outre annoncé avoir trouvé de «nombreux points d’accord» avec M. Obama sur la façon de régler la crise syrienne.

Washington espère que la Russie finira par faciliter une issue à la crise en Syrie, malgré son refus de soutenir des résolutions au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant le régime pour sa répression de la révolte.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a accusé la semaine dernière Moscou de fournir des hélicoptères d’attaque au président Assad. Furieuse, la Russie a répliqué qu’elle n’avait fait que réparer des appareils syriens.

Par ailleurs, le sénateur américain John McCain, qui s’est à nouveau prononcé pour une intervention militaire aérienne américaine, a accusé les forces du régime syrien d’avoir de plus en plus recours à des hélicoptères d’attaque pour mater la rébellion.

Quel avenir pour la mission de l’ONU?

Le général Robert Mood, chef de la mission de l’ONU, devrait faire un rapport devant le Conseil de sécurité mardi à 16h00 heure locale (20h00 GMT soit 22h00, heure suisse) sur sa décision, intervenue samedi, de suspendre les activités de cette mission en raison de «l’intensification des violences» sur le terrain.

A New York, l’ambassadeur britannique à l’ONU, Mark Lyall Grant, a indiqué que «beaucoup d’Etats membres du Conseil (de sécurité), y compris nous», allaient «lui demander quel est l’avenir de cette mission et donc, par extension, du plan Annan».

«Nous sommes très inquiets de la hausse de la violence et nous estimons que le régime syrien en porte la responsabilité», a-t-il insisté.

L’inquiétude de Navi Pillay

A l’ouverture de la 20e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme Navi Pillay a indiqué que «le gouvernement de Syrie devrait cesser immédiatement l’utilisation d’armes lourdes et le bombardement de zones habitées».

«De telles actions équivalent à des crimes contre l’humanité et autres possibles crimes de guerre», a-t-elle lancé. Elle a exhorté la communauté internationale à «surmonter les divisions […] pour mettre fin à la violence» et à s’assurer que les auteurs de ces violences, «y compris ceux qui ont attaqué les observateurs de l’ONU en Syrie», aient des comptes à rendre.

La France a redemandé devant le Conseil des droits de l’homme la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) pour sanctionner la «barbarie» du régime d’Assad.

Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne, s’est dite également «profondément préoccupée par l’escalade» des violences, soulignant «la nécessité urgente d’une action unifiée de la communauté internationale».

Sur le terrain, 93 personnes ont péri en Syrie, dont 63 civils, trois rebelles et 28 soldats, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

L’OSDH a fait état en outre de «1000 familles assiégées» à Homs (centre) et d’«intenses bombardements» à Douma, à 13 km au nord-est de Damas.

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