Bruxelles

Le PPE à l’heure de vérité sur le cas Orban

Le Parti populaire européen sera appelé ce 20 mars à Bruxelles à se prononcer sur le maintien du parti Fidesz de Viktor Orban dans la formation, qui après ses récentes attaques contre Jean-Claude Juncker a fini par excéder certains de ses membres

La fin de la partie est-elle définitivement arrivée pour Viktor Orban, le dirigeant hongrois et l’enfant terrible du Parti populaire européen (PPE), comme l’appelle son président français Joseph Daul?

Longtemps évoquée sans jamais se concrétiser, l’hypothèse de l’exclusion de l’homme fort de Budapest sera soumise mercredi pour la première fois aux quelque 261 délégués du PPE, cela juste à la veille d’un sommet européen déjà crucial sur le Brexit. Elle a fini par arriver sur la table à la demande de 13 partis nationaux insistant sur l’adoption d’une décision d’exclusion… ou de suspension.

Les partis nordiques pour l’exclusion

Pour les partis nordiques comme le finlandais Kokoomus, l’exclusion restait mardi la seule voie possible pour redonner au PPE ses lettres de noblesse et se débarrasser d’un dirigeant obsédé par George Soros et n’ayant pas hésité à s’attaquer directement à Jean-Claude Juncker.

Joseph Daul, proche d’Angela Merkel, est aussi excédé et a même mis sa démission en jeu si rien ne se passait ce 20 mars. Mais voilà, entre être excédé par les errements du Hongrois et acter une séparation avec l’homme le plus puissant du PPE en Europe de l’Est, vu également comme un rempart contre l’immigration irrégulière, il y a encore un pas. Et tout le monde n’est pas prêt à le faire, peut être encore moins à la veille du scrutin européen.

Un enjeu important pour les Allemands

La modération pourrait donc l’emporter, avec une menace de suspension temporaire du Fidesz assortie de conditions. «Et éventuellement une exclusion plus tard», imaginait la veille un membre du PPE. Mais Joseph Daul, à qui il reviendra de ficeler la proposition, pourrait aussi prendre sa décision pendant la réunion, après avoir entendu le principal intéressé. Car Viktor Orban pourra en effet s’exprimer en «vrai combattant», comme le dit une source.

Mathématiquement et politiquement, la décision reviendra aux Espagnols, aux Français ou encore aux Polonais, mais surtout aux Allemands de la CDU et de la CSU, qui jouent peut-être gros avec cette décision, puisque Manfred Weber est candidat à la succession de Jean-Claude Juncker.

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