Des centaines de millions de dollars de pénalités. C’est par ce verdict que s’est conclu le procès opposant TiVo à EchoStar et Dish Network. L’affaire remonte à une plainte déposée par TiVo en 2004. Le fabricant de magnétoscopes accuse alors Dish Network et sa société-mère, le bouquet satellite EchoStar, de produire des magnétoscopes numériques (ou DVR pour Digital Video Recorder) en utilisant sa technologie brevetée. Déclarée coupable de violation de brevets en 2006, EchoStar est alors contrainte de modifier les DVR qu’elle distribue. Mais dans sa décision de jeudi, une cour d’appel du Texas a jugé ces modifications insuffisantes et confirmé la culpabilité des accusées. Par ce verdict, EchoStar et Dish Network sont condamnées à verser 300 millions de dollars à TiVo.

Kudelski juge l’affaire sans conséquence

Indirectement, ce procès ramène au spécialiste suisse de solutions de cryptage Kudelski, dont le premier client est EchoStar. D’ailleurs, la collaboration entre le groupe de Cheseaux et EchoStar est si étroite que les deux entreprises ont créé une société commune, NagraStar. Et, il y a quelques mois, Kudelski a signé un nouveau contrat de dix ans avec son partenaire américain. Malgré ces liens, le groupe Kudelski estime que la décision de la cour du Texas ne l’affecte en rien. «Cette affaire n’a aucun impact sur notre relation avec cette société, affirme Daniel Herrera, responsable de la communication pour Kudelski. Elle n’a aucune conséquence ni sur l’accord que nous avons signé avec Dish Network Corporation (ndlr nouveau nom d’EchoStar Communications depuis 2009, après une réorganisation de Dish et EchoStar en entités distinctes) ni sur les projets que nous pourrions être amenés à développer avec cette entreprise.» Contacté pour cet article, EchoStar a choisi de ne pas commenter l’issue de ce procès.

Affaires en série

Si 300 millions de dédommagements sont accordés à TiVo, son triomphe n’est que partiel. Le groupe avait initialement réclamé un milliard de dollars. Et cette victoire partielle n’est pas sans rappeler une précédente affaire, indépendante de la plainte de TiVo, dans laquelle Kudelski, par sa filiale NagraStar, exigeait un milliard de dollars de réparation au groupe NDS, accusé de piratage. Au terme de l’affaire en 2008, le groupe de Cheseaux avait obtenu moins de deux mille dollars. Mais les plaintes sont nombreuses dans cette industrie. Au début de l’année par exemple, EchoStar et NagraStar sont parvenues à faire condamner deux pirates à des dommages et intérêts de plus de 50 millions de dollars. Aussi, le verdict de jeudi met-il un terme à une affaire qui n’est vraisemblablement pas la dernière d’une longue série et qui reflète la guerre que se livrent spécialistes du cryptage, pirates, fournisseurs de contenu et bouquets satellites.