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Un membre du syndicat de la métallurgie allemand, le 31 janvier 2018 à Teufelbrueck.

Temps de travail

Premier pas sous condition vers la semaine de 28 heures en Allemagne

Le secteur de la métallurgie a annoncé un accord, dans la nuit de lundi à mardi, sur la semaine de 28 heures. Ce temps de travail ne s’accompagnera cependant pas d’une compensation salariale et ne sera valable que pour une période limitée

Les salariés de la métallurgie allemande vont avoir le droit de réduire leur temps de travail à 28 heures par semaine, toutefois sans compensation salariale et pour un temps limité. Un accord de la branche en ce sens, à forte portée symbolique dans la première économie européenne, a été annoncé dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 février par le syndicat et les employeurs du secteur.

Lire aussi: Grève historique en vue dans la métallurgie allemande

La fédération des employeurs de ce secteur, qui comprend notamment l’industrie automobile, a parlé dans un communiqué d’un «compromis supportable» mais contenant des «éléments douloureux». L’accord a été conclu après des semaines de négociations et en parallèle de débrayages dans les usines de la part du syndicat de branche IG Metall, pour soutenir ses revendications, portant notamment sur davantage de flexibilité pour les salariés dans la définition de leur temps de travail.

Temps partiel strict

Sur ce dernier point, ils ont obtenu une ouverture importante avec la généralisation du droit au temps partiel à 28 heures par semaine. Dorénavant, les salariés du secteur ayant au moins deux ans d’ancienneté dans leur entreprise pourront demander à bénéficier de cette réduction de leur temps de travail pour une durée comprise entre 6 et 24 mois, à l’issue de laquelle ils auront la garantie de pouvoir retrouver leur poste à temps plein. Il s’agit d’une avancée pour le syndicat de branche IG Metall. En revanche, ce dernier n’a pas pu obtenir satisfaction d’une autre de ses revendications clés: que les salariés concernés bénéficient dans le même temps d’une compensation financière partielle de leur employeur pour le manque à gagner. Il s’agira donc d’un temps partiel strict.

Seules certaines catégories d’employés, ceux élevant des enfants en bas âge, devant s’occuper de parents âgés dépendants ou travaillant de manière postée, pourront demander à transformer des hausses salariales prévues en journées de congé supplémentaires, et donc à compenser un peu indirectement leur temps partiel, s’ils choisissent de passer aux 28 heures.

«L’accord marque un revirement sur la question du temps de travail», a estimé le président d’IG Metall, Jörg Hofmann. «Pendant trop longtemps, la flexibilité du temps de travail a été un privilège des employeurs» et «dorénavant, les salariés auront le droit d’opter pour un temps de travail réduit, pour eux-mêmes, leur santé ou leur famille», a-t-il ajouté.

«Cela va aider les salariés à mieux concilier vie professionnelle et vie privée», a souligné de son côté la fédération patronale du secteur dans un communiqué. Mais «avec cette solution, nous avons fait en sorte que la revendication initiale d’IG Metall quant à une compensation financière» pour le temps partiel «ne soit pas retenue», a-t-elle ajouté.

Hausse de salaire de 4,3%

Le patronat a aussi obtenu en échange davantage de flexibilité pour augmenter le temps de travail à 40 heures par semaine pour les salariés qui le souhaitent, contre 35 heures en moyenne dans le secteur. L’accord comprend aussi un volet complexe sur les salaires courant de janvier 2018 à fin mars 2020, soit 27 mois. Il prévoit notamment une hausse de 4,3% à partir du 1er avril 2018 et une prime de 100 euros par personne pour les trois premiers mois de l’année. IG Metall réclamait 6% de revalorisation. Pour 2019, une prime de 400 euros ainsi qu’une hausse de salaire annuelle correspondant à environ un quart du salaire mensuel ont aussi été décidées.

L’accord global a été conclu dans un premier temps à Stuttgart par les représentants des employeurs de la métallurgie et d’IG Metall dans la région de Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Cette région, où se situent de nombreux constructeurs automobiles, a toutefois valeur de zone pilote pour l’ensemble du secteur de quatre millions de salariés, qui devrait reprendre à son compte le compromis dans les jours à venir.

Au-delà, les accords dans la métallurgie allemande ont historiquement valeur de baromètre pour l’ensemble de l’économie allemande, au moment où de nombreux secteurs, y compris les services et la fonction publics, mènent des négociations salariales.

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