■ Démission du bureau politique du RCD Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti du président tunisien déchu Ben Ali, a annoncé jeudi la dissolution de son bureau politique, en raison de la démission de plusieurs de ses membres. «En raison de la démission de certains membres du bureau politique, cette instance se trouve dissoute de fait et le secrétaire général Mohammed Ghariani se charge momentanément de la gestion des affaires courantes du parti», a indiqué le RCD, dans un communiqué transmis à l’agence officielle TAP. La rue tunisienne conteste fortement la présence de membres de l’équipe sortante aux postes clés du gouvernement de transition formé lundi et des milliers de Tunisiens défilent chaque jour à Tunis et dans de nombreuses villes de province pour réclamer la dissolution du RCD.

■ Démission d’un ministre du gouvernement d’union nationale Un ministre tunisien de l’ancien régime du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali, Zouheir M’dhaffer, a annoncé jeudi dans un communiqué cité par l’agence officielle TAP avoir démissionné du gouvernement de transition formé lundi, pour «préserver l’intérêt suprême de la nation et favoriser la transformation démocratique du pays», selon ce communiqué cité par l’Agence tunisienne de presse. M. M’dhaffer avait été nommé ministre auprès du premier ministre, chargé du Développement administratif dans le gouvernement d’union nationale formé lundi par le premier ministre Mohammed Ghannouchi.

■ Les manifestations continuent Un millier de personnes protestaient jeudi en fin de matinée devant le siège de l’ex-parti au pouvoir dans le centre de Tunis, où l’armée a effectué des tirs de sommation pour dissuader des manifestants d’escalader le mur d’enceinte, a constaté une journaliste de l’AFP. «Le peuple veut la démission du gouvernement», ont scandé les manifestants, qui brandissaient des pancartes proclamant «On n’a plus peur de vous, traîtres» et «RCD out!», en référence au Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti du président déchu Ben Ali. Contrairement à ce qui s’est passé ces derniers jours, les manifestants ont réussi à atteindre le Ministère de l’intérieur et poursuivre leur marche jusqu’au siège du RCD, franchissant sans violences les maigres barrages de police disposés sur l’avenue Habib-Bourguiba. La police, en première ligne lors de la répression de la révolte populaire qui a fait au moins 100 morts en un mois selon les Nations unies, se tenait jeudi à l’écart. «Je suis avec vous. On ne va pas tirer sur vous, l’essentiel c’est que le rassemblement soit pacifique», a déclaré à la foule devant le siège du RCD un colonel de l’armée qui tentait de calmer les manifestants. Ceux-ci l’ont applaudi et certains ont cueilli des fleurs dans les massifs alentours pour les déposer dans les canons des chars postés là, devant des militaires qui souriaient. Une centaine de magistrats et d’avocats ont aussi manifesté jeudi devant le Palais de justice à Tunis pour réclamer l’«indépendance de la justice» et le départ d’un magistrat accusé, selon eux, d’avoir servi les intérêts du président déchu et de sa famille.

Là aussi, l’armée a procédé à des tirs de sommation pour empêcher la foule de rentrer dans le bâtiment.