Le Pen surprend. Mélenchon se bat. Macron préside. A l’issue de plus de deux heures d’intervention des huits candidats à la présidentielle française invités lundi 14 mars par TF1, tel est le tiercé qui se détache, assez conforme aux sondages d’opinion qui, ces temps-ci, placent le président sortant nettement en tête (entre 25 et 30% des suffrages), suivi par la candidate du Rassemblement national (entre 16 et 18%) et par le leader de la France insoumise (Gauche radicale) (entre 11 et 13%). Avec, en complément pour cette soirée, deux surprises: la sympathique prestation médiatique du communiste Fabien Roussel (environ 4% dans les sondages) et la difficulté manifeste rencontrée aujourd’hui par Eric Zemmour (environ 11-12%) pour formuler ses propositions politiques en pleine guerre en Ukraine.

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Marine Le Pen d’abord. Par deux fois, et par tirage au sort, l’héritière du clan Le Pen a parlé en premier. Et, preuve que la leçon de 2017 a bien été reçue, son positionnement n’a pas été celui des dénonciations à tout va du système qu’elle affirme pourtant vouloir renverser si elle est élue. Son objectif: se positionner comme la candidate du pouvoir d’achat et de la défense des Français sur le plan social et économique. Pas de grande tirade sur l’immigration massive ou l’identité menacée du pays… mais une proposition de grand plan de relance de l’énergie nucléaire et d’investissement dans l’hydrogène pour contourner le gaz russe. Son slogan «Rendre aux Français leur pays et leur argent» confirme son positionnement pragmatique. La posture de la candidate Le Pen, battue au second tour voici cinq ans, n’est plus colérique. Elle laisse ce registre à son adversaire d’extrême droite Eric Zemmour. Pourrait-elle tenir lors d’un débat télévisé qui la verrait obligée de répondre à des attaques directes? A voir. Mais pour le moment, sa transformation en catalyseur raisonnable des colères semble en partie accomplie.