wef

Le premier ministre belge Charles Michel: «Il faut défendre les valeurs des Lumières»

Le chef du gouvernement minoritaire belge s’inquiète de la désinformation utilisée par les populistes, extrémistes et autres partisans de l’unilatéralisme, en Europe ou ailleurs. Il s’est brièvement expliqué au «Temps»

Croisé dans les couloirs du Forum économique de Davos, le premier ministre belge Charles Michel est venu dans la station grisonne pour défendre les «intérêts belges», accompagné d’une solide délégation de plusieurs ministres. Le roi Philippe et la reine Mathilde sont aussi à Davos. Alors que les démocraties montrent des signes de faiblesse, la qualité de l’information est selon lui primordiale.

Le Temps: Pourquoi êtes-vous à Davos alors que les syndicats annoncent une grève pour le 13 février et que vous êtes désormais contraints de travailler dans un gouvernement minoritaire?

Charles Michel: A une époque marquée par une forte montée du nationalisme et du souverainisme, y compris chez les grandes puissances, la coopération est indispensable, et Davos est un endroit de dialogue et d’échange nécessaire. Car les défis globaux sont considérables: changement climatique, migration, lutte contre le terrorisme. En termes de développement économique, nous nous devons de répondre aux besoins sociaux des gens. Pour relever ces défis, nous avons besoin de coopération, bien sûr, mais aussi de fact-checking et de vérité. Travailler avec des informations fiables est primordial. Car on voit bien que les populismes et les extrémismes, mais aussi ceux qui plaident pour un unilatéralisme sous couvert de souverainisme utilisent la désinformation pour atteindre leurs fins.

La désinformation vous inquiète-t-elle?

Plus que jamais les valeurs de Montesquieu, des Lumières, la liberté d’expression promue par Voltaire doivent être défendues. La liberté de la presse doit être une responsabilité que doivent assumer les acteurs du débat médiatique. Ce ne sont pas les gouvernements qui vont installer des agences étatiques pour contrôler l’information. Ce serait une régression démocratique. La presse doit construire un modèle d’affaires qui encourage l’information objective, fiable. On sent que ça bouge dans ce sens. Il y a quelques mois, il y a eu cet appel de plusieurs Prix Nobel pour la démocratie et le droit à l’information fiable. Les grands groupes de presse et les journalistes sérieux ont une grande responsabilité dans le débat démocratique. Mais ils ne sont pas les seuls. Les acteurs politiques doivent eux aussi être sérieux et rigoureux dans le débat sur la base d’arguments et non de vérités tronquées ou de mensonges.


A propos de médias: Quoi de neuf dans le journalisme en 2019? Les lecteurs!

Nos deux derniers articles de Davos

Publicité