Comme prévu, Ariel Sharon a été entendu jeudi matin, durant environ deux heures et demie, par les enquêteurs de l'Unité de lutte contre la criminalité internationale (Yachbal) de la police israélienne. Interrogé en tant que «suspect» et non en tant que simple témoin, le premier ministre a, semble-t-il, «collaboré» avec les enquêteurs chargés d'établir s'il a touché ou non des pots-de-vin afin de soutenir l'entrepreneur israélien David Appel qui souhaitait construire un village de vacances sur l'île grecque de Patroklos. Un endroit paradisiaque mais classé site archéologique.

Lors de sa première audition (octobre 2003), le premier ministre avait affirmé durant sept heures «ne pas se souvenir» de quoi que ce soit. Il avait également juré aussi qu'il n'avait pas été informé de l'engagement de son fils Gilad par David Appel (inculpé depuis lors) ni du fait que ce dernier avait versé 700 000 euros sur le compte bancaire du ranch de la famille Sharon.

Cette fois, sachant qu'il risque d'être inculpé pour corruption – donc de devoir démissionner sur le champ –, le chef du gouvernement s'est montré plus loquace. Selon le Yachbal, le procès-verbal de son interrogatoire sera transmis «dans les prochaines heures» au parquet général de l'Etat hébreu, qui décidera ou non de demander l'inculpation du leader du Likoud. «La procédure ne sera sans doute pas très longue, car Israël ne peut se permettre de traverser une nouvelle période d'instabilité politique alors que l'on parle d'évacuer la bande de Gaza», affirme le chroniqueur judiciaire Moshé Hanegbi.