Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a surmonté, dans la nuit de jeudi à vendredi, une motion de défiance au Parlement, déposée par l'opposition qui l'accusait d'avoir menti lors de négociations pour former sa coalition.

«Je reste premier ministre. Je travaillerai dur pour regagner la confiance», a déclaré aux médias Mark Rutte, dont le parti libéral VVD a remporté la majorité lors des élections législatives du mois dernier.

Lire aussi: Pays-Bas: le parti du premier ministre libéral Rutte en tête des législatives 

Il a reçu le soutien des deux principaux partis qui faisaient partie de sa précédente coalition, le D66 (centre gauche) et le CDA (centre droit), tandis que tous les partis d'opposition ont voté contre lui.

La sonnette d'alarme tirée par Pieter Omtzigt

Cet épisode représente l'un des plus importants combats politiques de la longue carrière de Mark Rutte, au pouvoir depuis 2010. Surnommé le «premier ministre en Teflon» pour sa capacité à échapper aux scandales, Mark Rutte et son parti libéral, le VVD, ont remporté la majorité des sièges lors d'élections législatives le mois dernier grâce à sa gestion de la pandémie de coronavirus. Mais Mark Rutte était accusé d'avoir secrètement discuté de la façon d'apaiser un membre très critique d'un autre parti pendant les négociations visant à former une coalition gouvernementale.

Sur le sujet: Le gouvernement néerlandais démissionne en raison d’un scandale administratif

Le député, Pieter Omtzigt, un chrétien-démocrate, avait tiré la sonnette d'alarme dans un scandale dans lequel des milliers de parents ont été accusés à tort de fraude aux allocations familiales. L'affaire avait poussé à la démission Mark Rutte, qui depuis gère les affaires courantes. «Je n'ai pas menti», a assuré Mark Rutte devant le Parlement avant la motion de défiance. «Je n'ai jamais trompé un collègue. Quelle en serait la raison?»

Rutte évoque des souvenirs erronés

La semaine dernière, un photographe avait pris une image des notes d'une négociatrice de la coalition quittant le Parlement. Le nom du député Omtzigt y apparaissait avec la mention «poste ailleurs», ce que beaucoup interprètent comme l'idée de lui donner un ministère pour le faire se tenir tranquille.

Mark Rutte avait alors déclaré à la presse qu'il n'avait pas discuté du sujet. Mais jeudi, il a dit s'être «trompé dans (ses) souvenirs», lorsque des documents des négociations ont montré qu'il avait discuté du fait de nommer ministre Pieter Omtzigt. Il avait ajouté «regretter profondément» cet épisode.

A lire: Aux Pays-Bas, Mark Rutte se présente en rempart face au virus

Les médias néerlandais estimaient que le pays se retrouverait «en territoire inconnu» si Mark Rutte perdait le vote de confiance, son destin comme premier ministre et leader des discussions de la nouvelle coalition n'étant pas clair. Former une coalition est un processus qui peut prendre des mois aux Pays-Bas.